Laurent Travers : « Aller le plus loin possible »

le
0

Avant la demi-finale de Champions Cup face à Leicester dimanche, Laurent Travers, co-entraîneur du Racing 92, a évoqué la semaine de préparation de ses joueurs et jauge le niveau des Anglais.

Laurent Travers, est-ce que cette semaine de préparation d’une demi-finale de Champions Cup est une semaine comme les autres ? Bien sûr que non ! Quand on prépare une demi-finale, il y a beaucoup plus d’envie et de concentration. Après, on l’a abordé de la même façon que d’habitude. Il n’y a pas de joker pour une demi-finale. On sait aussi qu’on va jouer chez les Anglais, ce qui est d’autant plus compliqué. Est-ce que l’idée de marquer l’histoire du Racing est quelque chose qui a de l’importance à vos yeux ? Oui, marquer l’histoire du Racing mais aussi celle de tout un groupe et de toute une équipe. Il faut que ça soit l’ensemble du club, du président jusqu’au bénévole ou au supporter. Le club est déjà marqué par le fait qu’on soit dans les quatre derniers clubs en lice. Mais on aimerait en faire beaucoup plus. Est-ce qu’une pression négative, due à l’envie de vous joueurs, pourrait faire peser le risque de sur-jouer lors de ce match ? C’est surtout qu’il ne faut pas le jouer avant. Ce qui est important, c’est de bien le préparer, en faisant monter la pression petit à petit. Mais il faut être vigilant de ne pas l’élever trop tôt, pour ne pas qu’elle redescende juste avant la rencontre. C’est à nous, avec nos joueurs d’expérience mais aussi l’ensemble du staff, d’y aller crescendo et d’être vraiment prêts au bon moment.

« Ils ont beaucoup plus d’expérience »

Est-ce que, pour conserver l’esprit du groupe, Dimitri Szarzewski accompagnera le groupe du Racing, quand bien même il ne sera pas sur la feuille de match ? Oui, il sera avec le groupe. C’est important que tout le monde soit en Angleterre, donc j’ai convoqué toute l’équipe. Leicester est un club habitué à jouer ces matchs à enjeux en Coupe d’Europe. Est-ce que, pour votre équipe, cela peut être considéré comme un avantage ou un inconvénient ? Leicester est double champion d’Europe donc ils ont beaucoup plus d’expérience. Le manager adverse (Richard Cockerill, ndlr), je suis bien placé pour le dire, connaît aussi très bien ces rencontres, en tant que joueur comme en tant qu’entraîneur d’ailleurs. Mais on a assez de joueurs, dans notre équipe, qui ont connu des matchs avec plus d’enjeux que celui-là. Vous parlez de leur manager, que vous connaissez bien pour l’avoir croisé une fois par le passé... Oui, on a été opposés en finale mais c’est Brive qui l’avait emporté (face à Leicester en finale de la H Cup en 1997, ndlr). J’espère gagner une nouvelle fois ce duel. On a été opposés en tant que joueurs mais, maintenant, on est tous les deux sur le banc donc c’est assez marrant de se retrouver là. J’ai eu Richard (Cockerill), en tant que joueur, à Clermont quand j’y étais entraîneur donc on se connaît bien.

« Les clubs anglais se sont restructurés »

Est-ce que cette équipe de Leicester vous a étonné lors de son quart de finale face au Stade Français ou cette performance était dans la lignée de ce qu’elle est capable de faire ? C’est une équipe qui arrive à mettre beaucoup de puissance et de vitesse. Elle est très bien en place, quand elle arrive à installer son jeu. Sa présence n’est pas due au hasard. Que ça soit du paquet d’avants jusqu’au dernier de la ligne, il y a vraiment des hommes de qualité. Les clubs anglais retrouvent de leur superbe cette année en Coupe d’Europe, ils semblent revenir à un niveau qu’ils avaient perdu ces dernières années... Oui, ils ont relevé le niveau de leur championnat mais aussi celui de la Coupe d’Europe. La preuve, il y a trois clubs anglais et un du Top 14, donc ça n’est pas lié au hasard. Le championnat et les clubs anglais se sont restructurés et ont fait ce qu’il fallait pour être sur le devant de la scène européenne. A nous de les contrecarrer. Le fait qu’Aaron Mauger ait joué avec Dan Carter, et connaît très bien sa façon de jouer, est-ce un problème pour le Racing ? Oui, c’est un entraîneur qui connaît très bien comment il fonctionne. Quand on voit le système de leur jeu de lignes, on s’aperçoit qu’il a amené énormément de nouveautés, dans les déplacements notamment. Les joueurs tentent plus et il y est pour beaucoup. Est-ce que le président Jacky Lorenzetti vous a parlé plus que d’habitude ou est-ce qu’il vous a laissé vous préparer ? Non, il nous parle moins que d’habitude pour éviter de rajouter cette pression, qu’on a évoqué tout à l’heure. Lui aussi a envie d’aller au bout et ne veut pas rajouter de pression supplémentaire. Qu’elle que soit notre fonction au sein du club, on a tous envie de franchir cette dernière marche et d’aller le plus loin possible.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant