Laurent Paganelli : "Je suis resté dans un trou noir"

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Laurent Paganelli : "Je suis resté dans un trou noir"
Laurent Paganelli : "Je suis resté dans un trou noir"

Le 25 août 1978, Paganelli remplace Rocheteau à la mi-temps du match PSG Saint-Étienne. À quinze ans, dix mois et cinq jours, le Petit Mozart devient le plus jeune joueur à fouler une pelouse de première division, record qu'il détient encore aujourd'hui. Si ces débuts précoces peuvent laisser présager une belle et longue carrière, il n'en est rien. Presque quarante ans plus tard, l'ancien ailier en reste meurtri.

Laurent, tu détiens encore le record du plus jeune joueur à avoir foulé une pelouse de première division. Qu'est-ce que tu ressens lorsque tu y repenses ?
C'était quelque chose d'extraordinaire, d'irréel, d'inattendu, que j'ai vécu à fond, avec un plaisir intense, sans penser aux conséquences. C'est un peu moi, ça. Mais avec le temps, tu te dis : "Putain ! Ce n'était peut-être pas le bon moment, la bonne période." Peut-être que ça m'a déboussolé. Finalement, ça n'a pas peut-être pas été la meilleure des choses. Peut-être que les gens autour de moi n'ont pas compris qu'à quinze ans et demi, c'était juste une passe et pas une finalité de carrière. C'était trop tôt, trop tôt.

Quel genre de joueur étais-tu ?
Ce n'est pas compliqué (rires) !
"Je voulais marquer des buts, tenter des choses. J'étais ce joueur-là, très indiscipliné, mais qui vivait par le plaisir."
Tu prends une cour de récréation, tu y mets un joueur au milieu qui fait ce qu'il a envie, comme il a envie. C'est un gros souci pour les gens qui te gèrent, mais c'est un plaisir pour toi-même. J'étais un joueur de passion, de plaisir, d'improvisation, d'insouciance, de risques. Je voulais marquer des buts, tenter des choses. J'étais ce joueur-là, très indiscipliné, mais qui vivait par le plaisir, la joie. Entendre le bruit des filets... J'étais un joueur libre dans sa tête, libre avec ses pieds.

Un joueur dans lequel tu te reconnais ?
J'étais un peu comme Eden Hazard, Ribéry ou Ben Arfa. Un mélange de tout ça, mais ils ont peut-être, sûrement, plus de talent que moi. Ces trois joueurs se ressemblent et ont quand même quelque part un problème de gestion. Tu es dans un monde peut-être inadapté à ce que tu es ou c'est peut-être toi qui n'es pas adapté pour ce monde. Ben Arfa, Ribéry, Hazard... Même si Hazard a un peu plus de réflexion.

Comment ton rapport au football s'est-il développé ?
Déjà, je n'étais pas voué et je n'ai jamais eu dans ma tête la vocation à faire une carrière de footballeur. J'ai toujours été incité, que ce soit par mes entraîneurs ou par moi-même, à garder la liberté…






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