Laurent Lokoli : " Un souvenir merveilleux "

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Laurent Lokoli : " Un souvenir merveilleux "
Laurent Lokoli : " Un souvenir merveilleux "

Laurent, quels sentiments dominent après votre défaite au premier tour contre Steve Johnson après avoir eu deux balles de match ? D'abord, quand on sort du terrain, on est frustré, déçu, on s'en veut à soi-même. C'est normal. Si je n'avais pas été déçu, personne n'aurait compris et moi-même je n'aurais pas compris. C'est quelque chose de tout à fait humain quand on a perdu et quand on est quelqu'un comme moi qui refuse la défaite jusqu'au bout. C'est passé en qualifs (il avait sauvé des balles de match au 2eme tour, ndlr), mais là ce n'est pas passé. Mais à froid, il faut relativiser sur pas mal de choses. Oui, j'ai eu des balles de match, oui c'est dur de perdre ces matchs-là quand on a eu des balles de match. J'aurais aimé mieux les jouer. Mais pour quelqu'un qui est 400eme mondial, jouer quatre matchs d'affilée comme j'ai joué, d'un niveau 200eme mondial ou inférieur, c'était quelque chose d'énorme. J'ai vécu des émotions que je n'avais pas vécues auparavant. Je me suis qualifié pour mon premier Grand Chelem. Bien sûr que j'aurais aimé gagner mon premier match en cinq sets, c'est une évidence, mais ça ne s'est pas fait.

C'est le difficile apprentissage du haut niveau ? Oui, le haut niveau, c'est quelque chose de très difficile. Mon match était très compliqué. Steve est un très bon joueur, je le savais en entrant sur le terrain. Finalement, je suis passé devant rapidement, j'ai mené. Malheureusement, j'ai un tout petit peu baissé mon niveau, lui l'a augmenté et ça a suffi pour qu'il passe devant. Après, ce n'est jamais évident de revenir. Il y a un quatrième set, un cinquième set, c'est très dur. Il fallait continuer à mettre beaucoup d'intensité physique, car contre ces joueurs-là, si tu n'en mets pas, tu plonges. Il faut continuer à travailler, et même encore plus dur que ce que j'ai fait auparavant. J'ai réussi à accrocher des joueurs du Top 100, pour moi c'était une belle expérience. J'ai pu faire honneur à moi-même, à ma famille, à mes amis, et pour moi c'est le plus important. Je voulais montrer pendant ce tournoi la plus belle image possible de la Corse, car c'est une île qui mérite d'être le plus haut possible, et je pense avoir réussi.

Un mot sur vos supporters ? Ils ont été incroyables. Il n'y a pas d'autres mots pour le décrire. Ils sont tous montés exprès pour moi. Ils n'avaient même pas de billet retour, ils se sont organisés à la dernière minute. Il y en a plein qui ne se connaissaient même pas, ils sont venus juste parce qu'ils me connaissaient. Ils se sont dit : « On vient pour Lolo, si on doit mourir on mourra avec lui ». C'est quelque chose d'énorme. On est comme ça en Corse, on est très famille, amis, on est très liés. Si vous saviez toute l'ampleur que ça a eu en Corse, c'est quelque chose d'énorme. Tous les messages d'encouragement, de félicitations que j'ai pu avoir, c'était incroyable. J'en garde un souvenir merveilleux. J'espère revivre ces moments-là. Si un jour je joue sur le Chatrier, attendez-vous à voir une ou deux ou plus Têtes de Maure (sourires).

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