Laurent Fabius : « L'Iran a beaucoup souffert des sanctions »

le , mis à jour à 07:31
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Laurent Fabius : « L'Iran a beaucoup souffert des sanctions »
Laurent Fabius : « L'Iran a beaucoup souffert des sanctions »

C'est dans un contexte tendu que Laurent Fabius arrive aujourd'hui à Téhéran pour une visite très politique durant laquelle il s'entretiendra avec le président Rohani. Le ministre des Affaires étrangères a souvent été présenté en Iran -- en tout cas par les conservateurs -- comme le grand méchant loup. Celui qui défendait avant tout les intérêts d'Israël et des pays du Golfe, ennemis de la République islamique. Cependant, à Paris, on veut surtout voir dans ce déplacement express un début de normalisation car, avec la levée des sanctions, l'Iran, qui possède les premières réserves de gaz au monde, va très vite redevenir un marché attractif. Déjà, Total, Peugeot, Renault, Alstom et bien d'autres entreprises du CAC 40 cherchent à se placer. Elles ne se seront pas les seules. Les compagnies américaines, allemandes, italiennes mais aussi chinoises ou coréennes vont faire, elles aussi, le voyage à Téhéran. « La compétition sera rude », prévient Laurent Fabius.

La France a été critiquée à Téhéran, car vous êtes parfois apparu comme le négociateur le plus intransigeant dans le dossier du nucléaire. A quel accueil vous attendez-vous sur place aujourd'hui ?

LAURENT FABIUS. Notre ligne constante dans cette négociation majeure a été ce que j'appelle la « vigilance constructive ». Pourquoi ? A cause des enjeux eux-mêmes : c'est la question de l'accès à la bombe atomique qui était posée. Toute la crédibilité du régime international de lutte contre la prolifération nucléaire risquait d'être mise à mal en cas d'accord faible ou non vérifiable, car des voisins de l'Iran en auraient déduit qu'il leur fallait s'engager eux aussi dans un programme nucléaire militaire. Un accord solide et crédible était donc dans l'intérêt de tous, y compris de l'Iran.

Une frange des conservateurs iraniens appelle tout de même à boycotter votre visite...

Je n'entre pas dans ce débat. Cette invitation, ...

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