Laurent Blanc ne se réjouit pas d'affronter une équipe joueuse comme Manchester City

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Laurent Blanc ne se réjouit pas d'affronter une équipe joueuse comme Manchester City
Laurent Blanc ne se réjouit pas d'affronter une équipe joueuse comme Manchester City

Laurent Blanc s'est longuement confié en conférence de presse mardi à la veille de la réception de Manchester City. Un match pour lequel l'entraîneur du PSG ne se voit pas favori et craint la volonté de l'adversaire de développer la même philosophie de jeu que la sienne.

DE NOTRE ENVOYE SPECIAL AU PARC DES PRINCES

Laurent Blanc, le PSG disputera son quatrième quart de finale de Ligue des Champions consécutif tandis que ce sera le premier de l’histoire de Manchester City. Ce facteur peut-il influer la double confrontation ?
Tous les détails ont leur importance et l’expérience accumulée peut jouer. Ce que je vois, c’est que lors du tirage au sort, toutes les équipes étaient satisfaites d’éviter le Bayern Munich et Barcelone, voire même le Real Madrid. Une fois qu’on a évité ces trois équipes, l’environnement s’est dit que le tirage était facile. Surtout pas. On est entré dans la préparation du match hier (lundi) et j’ai dit qu’il ne fallait pas écouter ces gens-là. Ils ne comprennent rien au football. Manchester City, c’est un très beau projet. Son effectif est de qualité et de quantité, avec des talents individuels dans toutes les lignes. Il y aura des joueurs de grande qualité sur le terrain et on s’attend à deux confrontations très serrées. On a toujours été dans l’idée qu’on rencontrait un grand club européen.

Serait-ce une désillusion de se faire éliminer en abordant ce match dans la peau du favori ?
C’est vous qui dictez le favori. A ce niveau-là, que ce soit contre Chelsea ou contre Manchester City, les deux équipes ont leur chance. C’est typiquement français de penser à l’élimination à la veille du match. Permettez-moi de ne pas répondre à cette question, laissons passer les deux matchs.

Estimez-vous que c’est un avantage pour vous d’accueillir Manchester City au match aller ?
Je ne sais pas si c’est un avantage de recevoir le premier match. Ou un inconvénient. Le tirage au sort nous propose de recevoir. Il faudrait qu’on arrive une fois au moins en Coupe d’Europe à ne pas encaisser un but. On doit proposer du jeu et avoir la possession de balle, ce qui sera une clé du match, mais il faudra bien défendre. C’est le paradoxe de ces premiers matchs à domicile. Il faut absolument marquer pour traduire l’avantage de jouer à domicile et il ne faut pas prendre de but parce qu’il compte double pour l’équipe évoluant à l’extérieur.

« On n’a pas tellement de choix »

Avez-vous des raisons de changer votre équipe par rapport à celle alignée contre Chelsea au retour (1-2) ?
On a toujours des raisons. On n’a pas le même effectif à disposition, certains joueurs sur lesquels on ne pouvait pas compter contre Chelsea se sont mis à disposition du club. Il est possible que j’analyse les deux matchs contre Chelsea et que je me dise que l’équipe m’a donné satisfaction. Ce serait plus simple pour moi mais il y aura une réflexion plus profonde pour demain (mercredi). Sans le savoir, ce sera peut-être l’équipe de Chelsea. Ce n’est pas un tour que je joue. Au milieu, avec l’absence de Marco (Verratti) et de Javier (Pastore), on n’a pas tellement de choix. L’équipe sera délicate à faire sur un ou deux postes mais elle va couler de source pour le reste.

Qu’en est-il d’Angel Di Maria, ménagé samedi contre Nice (4-1) ?
Il est en pleine forme, je ne peux pas en dire plus. On l’a préservé parce que le retour des Sud-Américains à été compliqué, avec le voyage et le décalage horaire. On a pu le voir pour tous les joueurs concernés qui ont joué ce week-end. Angel avait en plus reçu un coup à côté du tibia, on n’a pas pris de risques. Il s’est entraîné samedi, dimanche, lundi. Il va s’entraîner ce soir. Je peux vous dire qu’il est bien.

Comment analysez-vous le passage à vide de Thiago Motta ?
Je lui maintiens ma confiance. Thiago a un certain âge mais ça fait trois ans qu’on travaille ensemble et il y a des périodes où il va moins bien. Ils les traverse toujours mais il finit très fort. Il arrive toujours à surmonter, j’espère que ce sera encore le cas. Thiago Motta est la garantie d’un certain jeu au PSG.

Si Zlatan Ibrahimovic venait à rejoindre la Premier League, quel serait le meilleur club pour lui, selon vous ?
Il n’y a que lui qui peut répondre. Il faut poser la question aux joueurs en fin de contrat, ce sont eux qui détiennent leur avenir. Ils ont le luxe de choisir leur destination. A nous de faire en sorte que la destination soit la bonne.

« Ça va être une grosse bataille pour avoir le ballon »

Est-ce positif pour vous d'affronter une équipe joueuse comme Manchester City par rapport à Chelsea ?
Ça ne nous convient pas le jeu de Manchester City, parce qu’ils ont la même philosophie que nous. Tu pouvais penser avant Chelsea qu’ils allaient te laisser le ballon, parce qu’ils avaient une philosophie différente. City veut jouer et avoir le contrôle du match. C’est une équipe plus à l’aise quand elle joue que quand elle défend, comme nous. Ça va être une grosse bataille pour avoir le ballon et mettre l’adversaire dans un schéma dont il n’a pas l’habitude, à savoir reculer et défendre. Ce sera un gros match, avec beaucoup d’intensité. Il va falloir être très performant, dans le cœur du jeu ou défensivement. Dans chaque équipe, il y a de grandes qualités offensives.

Que doivent respectivement le PSG et Manchester City aux investisseurs du Qatar et d’Abou Dhabi dans leur histoire ?
Ce n’est pas une question sportive. On peut faire un parallèle sur les deux projets parce que des investisseurs étrangers ont donné une puissance financière incroyable aux deux clubs. Ils ont ainsi retrouvé du pouvoir dans leur championnat et au niveau européen. On n’est pas trop habitués à ce que des capitaux étrangers viennent dans les clubs en France. Mais c’est une habitude en Angleterre, où peu de clubs appartiennent à des Anglais. Dans le domaine sportif, ce qui m’intéresse le plus, ça va être deux confrontations intéressantes et ça suffit à mon bonheur.

Vous qualifier serait-il un moyen de vous affirmer par rapport à Manchester City ?
On n’a rien à prouver à Manchester City. On veut montrer qu’on progresse avec les moyens financiers mis à la disposition du club. On assoit notre domination au niveau national et on veut essayer de le faire en Europe. C’est plus difficile et plus long. Mais ce n’est pas un défi avec Manchester City. Ils ont gagné des titres mais ils sont en retard par rapport à nous en Europe. Le signal, c’est d’être qualifié en demi-finales. L’équipe méritant le plus la qualification enverra un message à tous les clubs habitués à disputer les demi-finales.

« Les Anglais sont tellement intenses qu’ils jouent beaucoup »

Quels souvenirs conservez-vous de votre passage à Manchester comme joueur ?
Je garde d’excellents souvenirs de Manchester mais j’étais à United, ce n’est pas tout à fait la même chose. La ville, j’y suis retournée depuis que je suis parti comme joueur. Elle s’est transformée. Elle était industrielle mais elle s’est améliorée et a un certain charme. J’étais dans le club rival. Ce sont deux grosses entités dans une ville, c’est commun en Angleterre. On n’a pas l’habitude en France. Manchester City comble son retard, après avoir été un grand club dans les années 1970. Il y a une grosse rivalité entre les supporters. Mais on ne se trompera pas, on affrontera une équipe en bleu ciel mercredi.

Que vous inspire le retour à la compétition de Kevin De Bruyne ce week-end ?
C’est un joueur de qualité en plus. Kevin De Bruyne est un super joueur, on est bien placé pour le savoir. Il peut évoluer à plusieurs postes. Il crée des brèches, marque des buts. Il fait partie de cet effectif plus ample en quantité que celui du PSG. Il revient de blessure et c’est une force supplémentaire pour Manchester City. Ils ont vraiment une équipe avec des individualités qui peuvent faire des différences à tout moment, De Bruyne en fait partie.

Quel est votre regard de technicien sur Sergio Agüero ?
Tout le monde le connaît. C’est un attaquant capable de marquer, de jouer et de s’adapter au style de l’équipe. Il aime les espaces et va très vite. Si c’est une équipe qui domine, il est très bon dans la surface, se déplace bien et dribble avec une facilité incroyable. C’est surtout quelqu’un qui marque des buts. Vu le poste qu’il occupe, c’est important. On peut faire la marque sur Agüero ou sur Zlatan, il y aura des joueurs qui marquent des buts sur le terrain. J’espère qu’il y en aura, surtout pour Paris.

Samir Nasri a indiqué que l’intensité en Premier League pourrait avantager Manchester City par rapport au PSG. Partagez-vous son avis ?
Même les journalistes français se posent la question de savoir si la L1 ne nous défavorise pas. J’en ai marre d’entendre tout ça. Comment expliquez-vous alors que les Anglais ne soient pas présents dans le dernier carré des Coupes d’Europe ? L’intensité ne fait pas tout. Les Anglais sont tellement intenses qu’ils jouent beaucoup et qu’ils se retrouvent dans un état de fatigue avancé à partir de mars. Ils ont la compétitivité et la fatigue qui va avec. Il faut que le championnat de France soit plus compétitif, que d’autres équipes que le PSG soient compétitives pour tirer le football français vers le haut. Mais il y a des problèmes dans tous les championnats.

Propos recueillis au Parc des Princes par J-F.Paturaud

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