Laurent Berger met en garde le patronat sur la conférence sociale

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LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE LA CFDT MET EN GARDE SUR LE PACTE DE RESPONSABILITÉ
LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE LA CFDT MET EN GARDE SUR LE PACTE DE RESPONSABILITÉ

PARIS (Reuters) - Le pacte de responsabilité, qui prévoit des baisses de charges et d'impôts pour les entreprises, aura vécu si les organisations patronales boycottent la conférence sociale des 7 et 8 juillet, a averti vendredi le secrétaire général de la CFDT.

Medef, CGPME et Union professionnelle artisanale (UPA), hostiles à un dispositif de compensation en faveur des salariés soumis à des conditions de travail pénibles, menacent de ne pas venir à cette conférence, sur laquelle le gouvernement mise pour relancer le dialogue social.

"Ils feraient une profonde erreur", a déclaré Laurent Berger sur RTL. "S'il ne participent pas au sommet social, il faudra mettre fin au pacte de responsabilité."

La CFDT est le syndicat qui a le plus défendu ce pacte, qui prévoit 41 milliards d'euros de baisses de charges et d'impôts en trois ans pour les entreprises. Ce dispositif est au contraire dénoncé par la CGT et Force ouvrière (FO).

Laurent Berger juge pourtant urgente la mise en oeuvre du pacte de responsabilité face à la montée du chômage, qui a dépassé en mai le seuil de cinq millions de demandeurs d'emploi, toutes catégories confondues.

"Je crois qu'il y a possibilité, en recréant des marges (pour les entreprises) de recréer de l'investissement et de recréer de l'emploi", a-t-il déclaré.

Laurent Berger et son organisation défendent le principe de négociations de branches sur les contreparties à attendre du pacte en termes d'emplois, de formation et de qualifications.

La conférence sociale doit notamment permettre de faire le point sur ces négociations, qui ont peiné à se mettre en branle.

Le vice-président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, a cependant confirmé jeudi soir sur BFM Business que la question de participer à cette réunion se posait pour son organisation.

APPEL À LA RESPONSABILITÉ

"Moi je crois qu'il ne faut pas y aller si le décret sur la pénibilité n'est pas reporté", a-t-il déclaré. "Le peuple des patrons en a ras-le-bol."

Laurent Berger a pour sa part dit en avoir "marre" des menaces du patronat et estimé que le système du "compte personnel de prévention de la pénibilité" n'était pas aussi compliqué que le Medef, la CGPME et l'UPA le disent, après les ajustements apportés par le gouvernement.

Il a également déploré le fait que des organisations syndicales envisagent pour leur part de ne pas participer à la conférence sociale si elle porte sur le pacte de responsabilité - c'est le cas, notamment, de FO.

Le secrétaire général de la CFDT a lancé un appel à "un peu de responsabilité des uns et des autres".

"La situation, avec cinq millions de chômeurs, impose que lors de la conférence sociale (...) nous essayions de trouver des solutions contre le chômage, contre la précarité, et pour la compétitivité", a-t-il dit.

Laurent Berger a aussi critiqué la CGT, en pointe dans le mouvement des intermittents du spectacle contre la nouvelle convention de l'assurance chômage agréée cette semaine par le gouvernement malgré les menaces de blocage des festivals.

"Nous sommes représentatifs dans ce secteur là aussi. Il n'y a pas que la CGT chez les intermittents", a-t-il ajouté.

(Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

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