Laurence Parisot lâchée par un de ses proches au Medef

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LAURENCE PARISOT LÂCHÉE PAR UN DE SES PROCHES AU MEDEF
LAURENCE PARISOT LÂCHÉE PAR UN DE SES PROCHES AU MEDEF

PARIS (Reuters) - Un proche lieutenant de Laurence Parisot, Patrick Bernasconi, a annoncé vendredi dans une interview au Monde qu'il voterait contre le changement de statuts du Medef voulu par la présidente de l'organisation patronale la plus puissante de France.

Le conseil exécutif du Medef doit se prononcer jeudi prochain sur cette modification censée permettre à Laurence Parisot de briguer un troisième mandat - à condition que ce changement soit aussi voté en assemblée générale extraordinaire à la majorité des deux tiers.

Le président de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP) juge inacceptable un tel changement qui ouvrirait selon lui la possibilité "de rester 15 ou 20 ans" à la tête du Medef.

"La FNTP a voté à l'unanimité contre la modification des statuts. Je la représente, je vais donc porter cette position que je partage totalement", dit Patrick Bernasconi.

"Laurence Parisot devrait fédérer les entreprises. Or cette initiative les divise. Je le regrette", ajoute-t-il.

Patrick Bernasconi a mené pour le Medef les négociations qui ont abouti le 11 janvier à un accord du patronat avec la CFDT, la CGC et la CFTC sur la réforme du marché du travail, accord aujourd'hui transcrit dans un projet de loi.

Il n'exclut pas de se porter lui-même candidat à la succession de Laurence Parisot, dont le mandat arrive à échéance le 1er juillet - "Ma décision est prise et je la ferai connaître très rapidement", dit-il.

Un autre proche de la présidente du Medef, Charles Beigbeder, une des cinq personnalités nommées par elle au conseil exécutif, a aussi annoncé qu'il voterait contre la modification des statuts et qu'il soutiendrait le patron du groupe Omea, Geoffroy Roux de Bézieux, pour la présidence.

Réaction lapidaire d'un autre candidat déclaré à la présidence du Medef, le PDG d'Aqoba Thibault Lanxade : "Fin de partie, la campagne normale peut commencer !"

"Il n'y a maintenant aucune chance que Laurence Parisot puisse modifier les statuts", explique-t-il. "Compte tenu du fait que la FNTP, la Fédération française du bâtiment, l'UIMM et les grands Medef territoriaux y sont tous opposés, il n'y aura jamais la majorité des deux tiers à l'assemblée générale".

"Il est temps d'arrêter les dégâts. Il faut en appeler à la sagesse de Laurence. Raisonnablement, elle devrait se retirer", ajoute-t-il.

Emmanuel Jarry, édité par Patrick Vignal

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