Large victoire électorale de la coalition sortante au Japon

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(Précisions, faible participation, contexte économique) par Linda Sieg et Antoni Slodkowski TOKYO, 14 décembre (Reuters) - La coalition conservatrice sortante remporte une large victoire aux élections législatives anticipées de dimanche au Japon: elle obtient d'après les premières projections plus de 317 sièges sur 475 à la Chambre des représentants, la chambre basse du parlement, et conserverait de justesse sa majorité des deux tiers. Le Parti libéral démocrate (PLD) du Premier ministre Shinzo Abe n'obtient cependant pas à lui seul cette "super-majorité" des deux tiers. Les chiffres exacts de la participation ne sont pas encore connus mais, selon les premières constatations, ils devraient être encore plus faibles que ceux de 2012 (59,3%), ce qui relativise quelque peu la victoire de la coalition formée par le PLD et le parti Komeito. De nombreux électeurs, sceptiques à la fois sur les chances de réussite de la politique de relance du gouvernement, la stratégie des "Abenomics", et sur la capacité de l'opposition à présenter une alternative crédible, ont préféré bouder les urnes. Les électeurs étaient conviés ce dimanche à des législatives anticipées décidées en novembre par le Premier ministre sortant, Shinzo Abe. Ce dernier, âgé de 60 ans, voulait par ce scrutin obtenir un nouveau mandat pour conforter sa politique économique, après sa décision de reporter jusqu'à avril 2017 une nouvelle hausse à 10% du taux de TVA. La première hausse, qui a vu ce taux passer de 5% à 8% en avril dernier, a provoqué un recul de l'activité. Selon les projections, le Parti démocrate (PDJ), la principale force d'opposition, obtiendrait 73 sièges à la chambre basse, en légère progression. Le PLD avait 295 sièges et le Komeito 31 dans la Chambre des représentants sortante. Le PDJ, lui, en avait 62. Cinq sièges ont été supprimés dans le cadre d'une réforme électorale. "ABENOMICS" L'ambitieux programme de Shinzo Abe pour relancer la troisième économie du monde a montré ses limites cet automne. Les "Abenomics", terme donné aux réformes engagées depuis près de deux ans pour enrayer une déflation chronique et un endettement colossal, ont tardé à donner les résultats escomptés. L'assouplissement monétaire massif et l'augmentation de la dépense publique n'ont pas empêché l'économie du Japon de se contracter. La contraction du produit intérieur brut (PIB) a même été plus importante qu'escompté au troisième trimestre. Les chiffres révisés font état d'un recul du PIB de 1,9% en rythme annualisé alors que l'estimation était de 1,6%. Ils confirment donc que le pays est entré en récession, phénomène qui se définit techniquement par deux trimestres consécutifs de baisse du PIB. Par rapport au trimestre précédent, le recul est de 0,5%, alors que l'estimation préliminaire était de - 0,4%. Les marchés tablaient, eux, sur une contraction de 0,1%. L'Etat japonais a besoin de rentrées fiscales supplémentaires pour contenir un endettement qui dépasse les 200% du PIB. Depuis son arrivée au pouvoir en décembre 2012, Shinzo Abe s'est fixé pour objectif de faire remonter l'inflation à 2% via un mélange de politique monétaire ultra-accommodante et de mesures de relance budgétaire. Ces mesures ont eu un effet immédiat sur le PIB qui a augmenté de 4% en rythme annualisé sur les six premiers mois de 2013. La Bourse de Tokyo a quant à elle bondi de 56,7% l'an dernier mais la situation s'est dégradée avant même le relèvement de la TVA d'avril dernier et le plongeon du PIB, ce qui a conduit début novembre la Banque du Japon à augmenter encore ses rachats d'actifs. Selon les économistes, le Japon devrait cependant renouer avec la croissance au quatrième trimestre. (Jean-Philippe Lefief, Eric Faye et Guy Kerivel pour le service français)

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