Large consensus au sein de la BCE pour faire plus-Coeuré

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(Actualisé avec autres citations) PARIS, 16 décembre (Reuters) - Il y a un large consensus au sein du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne pour faire plus face "aux risques de désinflation", déclare Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE, ajoutant toutefois que ce qui a fonctionné aux Etats-Unis ou au Japon n'est peut-être pas reproductible en Europe. "Il y a un large consensus au conseil des gouverneurs pour faire plus et nous discutons maintenant des instruments à utiliser", déclare-t-il dans un entretien publié mardi sur le site internet de L'Opinion. "Je trouve la fascination pour l'assouplissement quantitatif ('Quantitative Easing') un peu naïve", ajoute-t-il à propos des spéculations sur un programme de rachat de dettes publiques par la BCE. "La taille du bilan de la BCE est importante comme signal de notre détermination à agir, mais il n'y a pas de lien mécanique avec l'inflation, et rien n'assure que ce qui a fonctionné aux Etats-Unis ou Japon peut être reproduit à l'identique chez nous." "Nous devons raisonner pour nous-mêmes, en fonction de la structure économique, financière et institutionnelle spécifique de la zone euro. C'est cette réflexion qui est en cours et qui peut aboutir rapidement", poursuit Benoît Coeuré. La prochaine réunion de politique monétaire de la BCE se tiendra le 22 janvier. "NOTRE PART DU CONTRAT" Benoît Coeuré ajoute que la baisse des prix du pétrole est une bonne nouvelle, à condition qu'elle n'entraîne pas d'effets collatéraux négatifs. "Nous devons tout faire, collectivement, pour que la période actuelle de faible croissance et de faible inflation soit la plus brève possible", dit-il encore. "La BCE a un mandat très précis: ramener l'inflation de la zone euro à un niveau inférieur à 2% mais proche de ce niveau à moyen terme. C'est notre part du contrat et nous la remplirons." Il souligne que la BCE ne voit pas la zone euro basculer dans la déflation. "Si l'inflation sous-jacente devait elle aussi reculer, alors nous ferions un pas en direction de la déflation. Mais nous n'en sommes pas là." La BCE ne peut pas à elle seule résoudre les difficultés de la zone euro, ajoute-t-il. "Si les Etats ne prennent pas les mesures qui s'imposent, individuellement et collectivement, pour investir et réformer leurs économies (...), cela rend notre action moins crédible et à long terme moins efficace." Il appartient à la Commission européenne de dire ce que les Etats en difficulté avec les règles budgétaires européennes, dont la France, doivent faire pour corriger le tir, ajoute Benoît Coeuré. Tant qu'elle ne l'aura pas fait, et surtout tant que ces Etats ne respecteront pas les traités, il y aura une incertitude néfaste pour l'efficacité de la politique monétaire. "L'incertitude est en soi mauvaise et le fait que jusqu'au printemps 2015 nous ne sachions pas quel sera le jugement définitif de la Commission sur quelques grands Etats est un facteur additionnel de complexité pour notre politique monétaire", dit-il. (Jean-Baptiste Vey et Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)

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