Larcher pour l'abandon de la déchéance si "la gauche n'en veut pas"

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    * "Il vaut mieux qu'on arrête là" si ça bloque, dit-il 
    * Le président du Sénat ne comprend pas les députés PS 
    * Royal convaincue qu'"un juste équilibre" sera trouvé 
 
    PARIS, 3 février (Reuters) - François Hollande doit renoncer 
à la révision constitutionnelle sur l'extension de la déchéance 
de nationalité s'il se confirme que "la gauche n'en veut pas", a 
déclaré mercredi le président du Sénat, Gérard Larcher. 
    L'incertitude grandit sur le vote de cette mesure, désormais 
amendée, décidée par François Hollande à la suite des attentats 
du 13 novembre pour les crimes de terrorisme. Le vote de 
l'opposition de droite, dont le soutien est indispensable à 
l'adoption de la réforme constitutionnelle, paraît de moins en 
moins acquis.   
    "François Hollande a eu une réaction de pulsion au Congrès 
(le 16 novembre 2015-NDLR), il fallait un peu réfléchir, il 
fallait partager, mais en même temps, le symbole de déchéance de 
nationalité est un symbole fort, et s'il vient au Sénat, je 
pense qu'il y aura une majorité pour le voter", a déclaré Gérard 
Larcher sur RTL. 
    La droite est majoritaire à la haute assemblée. En revanche, 
l'hostilité des députés de la droite et du centre au dispositif 
s'avive. La députée (Les Républicains) Nathalie 
Kosciusko-Morizet, qui est contre, a affirmé mercredi sur BFM TV 
et RMC Info que le nombre de réfractaires dans son camp avait 
"plus que triplé". 
    Le groupe socialiste à l'Assemblée a ajouté à la confusion 
mardi en refusant de limiter la déchéance aux seuls binationaux 
: il veut qu'il soit possible de créer des apatrides, revenant à 
la "déchéance pour tous" qu'il avait un temps défendue. 
  
    "Je ne comprends vraiment pas ce qui se passe au groupe 
socialiste", a commenté Gérard Larcher. "Quand j'écoute M. 
(Bruno) Le Roux qui vient de réintroduire par la petite porte 
l'apatridie, alors ça, je dis 'non'!" 
    "Si vraiment la gauche n'en veut pas, eh bien qu'on arrête 
là!", a lancé le président du Sénat. 
    "Si vous n'arrivez pas à trouver à gauche le soutien à votre 
proposition, eh bien il vaut mieux qu'on arrête là", a-t-il 
répété à l'adresse du chef de l'Etat. 
    La ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, a dit sa 
conviction sur France Inter qu'"un juste équilibre" serait 
trouvé au Parlement. 
    "Ça n'est pas anormal qu'il y ait des dialogues, des 
soubresauts, des ajustements, même si c'est regrettable par 
rapport à ceux qui veulent attaquer, agresser", a-t-elle réagi. 
    "Personne n'a pensé que ce serait facile, donc il faut 
trouver un juste équilibre entre le renforcement des règles de 
droit (...) et la tradition philosophique, historique, juridique 
de la France qui est la patrie des droits humains", a dit la 
ministre. 
 
 (Sophie Louet, édité par Yves Clarisse) 
 
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