Lancement du premier fonds de prêts aux entreprises

le
0
LANCEMENT DU PREMIER FONDS DE PRÊTS AUX ENTREPRISES
LANCEMENT DU PREMIER FONDS DE PRÊTS AUX ENTREPRISES

PARIS (Reuters) - La France a lancé mercredi son premier fonds de prêts aux entreprises, qui vise à accompagner le mouvement, jugé inéluctable, de désintermédiation bancaire du financement de l'économie dû aux nouvelles normes prudentielles.

D'un montant prévu de près d'un milliard d'euros, ce fonds a été souscrit par 18 assureurs, la Caisse des dépôts, le Fonds de réserve des retraites (FRR) et l'Erapf (Etablissement de retraite additionnelle de la fonction publique).

Sa création s'accompagne d'une réforme du code des assurances permettant aux acteurs du secteur d'investir plus facilement dans les entreprises de taille intermédiaire (ETI) non cotées et ce jusqu'à 5% maximum de leur bilan, soit l'équivalent pour la France de 90 milliards d'euros.

"Il ne s'agit pas de concurrence avec les banques", a dit Pierre Moscovici à la presse, "il s'agit de mettre en place une faculté complémentaire et d'utiliser les encours considérables des assureurs et d'orienter cette épargne abondante vers les besoins de financement d'investissements de notre économie".

Pour le ministre de l'Economie, l'initiative est une réponse au mouvement de désintermédiation bancaire qui s'annonce, même s'il sera très progressif.

"On observe que nous avons deux systèmes de financement des deux côtés de l'Atlantique. En France, il y a 80% du financement qui est dit intermedié par les banques et aux Etats-Unis, c'est 80% qui est désintermédié. De manière fatale, avec les nouvelles normes prudentielles, nous aurons une convergence de ces systèmes", a-t-il indiqué.

UN MARCHÉ DE DIX MILLIARDS D'EUROS

Le fonds Novo visera des prêts aux ETI pour des "tickets" compris entre 10 et 50 millions d'euros accordés sur des périodes de cinq à sept ans et remboursables "in fine". Pour les investisseurs, il offrira un rendement de l'ordre de 200 points de base au-dessus des emprunts d'Etat français de maturité équivalente.

Près d'un milliard d'euros devraient être investis progressivement, permettant de financer de 30 à 40 entreprises parmi le vivier identifié de quelque 450 ETI (entreprises de 250 à 5.000 salariés) en bonne santé.

BNP Paribas Investment Partners et Tickehau Investment Management ont été retenus aux termes d'un appel d'offres pour assurer la gestion des deux compartiments du fonds.

Ses plus gros contributeurs sont la CDC et CNP Assurances, pour 100 millions d'euros chacun, et le FRR à hauteur "d'un peu plus". Les autres grands assureurs de la place sont dans le tour de table, même si la participation de certains, qui souhaitent développer les mêmes activités à partir de leurs propres plates-formes, est symbolique.

Thierry Giami, qui préside l'Observatoire du financement des entreprises par le marché, estime que le marché des fonds de prêts aux entreprises pourrait atteindre de l'ordre de dix milliards d'euros à un horizon de cinq ou six ans.

Pierre Moscovici a souligné pour sa part que d'autres dispositifs viendraient en complément de ces fonds pour accroître les financements aux PME et ETI, comme le nouveau PEA-PME, qui sera présenté très prochainement, où l'assurance vie réformée.

Yann Le Guernigou et Christian Plumb, édité par Yves Clarisse

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant