Lancement de la réforme café-cacao en Côte d'Ivoire

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(Commodesk) Le gouvernement ivoirien a présenté hier les détails de la réforme de la filière café-cacao, attendue depuis des années. ?La mise en ?uvre de la réforme se fera de façon progressive, la campagne 2011-2012 [commencée début octobre] constituant une année transitoire?, a précisé le porte-parole du gouvernement, Bruno Kone. Cette réforme modifiera en profondeur ces deux filières, pour revenir à un fonctionnement proche de celui qui prévalait avant leur libéralisation, intervenue en 1997-1998 pour le café et en 1998-1999 pour le cacao. Une structure unique de gestion de la filière café-cacao remplacera les différents organismes aujourd'hui dispersés. Ce nouvel organe de régulation et de stabilisation sera administré sur une base paritaire par l'Etat et l'interprofession. Un prix minimum sera instauré pour les producteurs, compris entre 50 et 60% du prix CAF (c'est-à-dire à la frontière du pays importateur). Dans le régime actuel, un prix bord-champ est fixé chaque année (1.000 francs CFA le kg pour 2011-2012), mais il n'est qu'indicatif. Les planteurs sont ainsi, en ce moment où les cours mondiaux sont bas, contraints de vendre leur récolte à des prix largement inférieurs. Un Programme de vente anticipé à la moyenne, supprimé lors de la réforme de libéralisation, sera remis en place. Le gouvernement a annoncé d'autres grands axes stratégiques, avec notamment le développement de meilleures pratiques agricoles et un appui à la recherche sur les variétés et la lutte contre les maladies et parasites. Il a aussi annoncé son ambition d'accroître le taux de transformation à l'horizon 2015, pour passer de 21 à 30% de la production pour le café et de 35 à 50% pour le cacao. Le faible taux de transformation est en effet un problème pour l'économie ivoirienne, qui laisse ainsi aux importateurs les opérations les plus rémunératrices. La réforme de la filière café-cacao est attendue depuis des années, promise mais finalement jamais mise en place par Laurent Gbagbo. Le président Alassane Ouattara avait annoncé dès sa campagne électorale en 2010 son intention de mettre en place une structure unique de régulation et de stabilisation. La réforme de cette filière sinistrée fait aussi partie des recommandations du Fonds monétaire international (FMI) dans le cadre des discussions pour l'attribution de facilités de crédit. La filière café-cacao de Côte d'Ivoire est en crise depuis sa libéralisation, avec des producteurs qui subissent les aléas des prix internationaux et une production sur le déclin. Encore premier producteur et exportateur mondial de cacao, la Côte d'Ivoire perd des parts de marché ces dernières années.
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