Lance Armstrong pourrait passer au détecteur de mensonge

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LANCE ARMSTRONG POURRAIT PASSER AU DÉTECTEUR DE MENSONGES
LANCE ARMSTRONG POURRAIT PASSER AU DÉTECTEUR DE MENSONGES

par Julien Pretot

PARIS (Reuters) - Lance Armstrong pourrait passer au détecteur de mensonges pour laver son nom de tout soupçon de dopage, a déclaré son avocat, alors que les remous provoqué par le plus grand scandale du cyclisme pourrait pousser les officiels australiens à amnistier les tricheurs.

Les dirigeants du cyclisme australien se réuniront cette semaine pour décider des actions à mener contre l'ancien équipier d'Armstrong Matt White, qui a reconnu s'être dopé et a démissionné de sa fonction de directeur sportif de l'équipe Orica-GreenEDGE.

Le président de l'instance, Klaus Mueller, a dit que l'amnistie pourrait être une solution pour connaître quelle était l'ampleur du problème en Australie.

Un autre ancien équipier de l'Américain, l'Ecossais David Millar, a déclaré que "le pouvoir de l'omerta" avait poussé les cyclistes à se taire durant des années mais que cela pouvait changer avec les révélations de l'Agence antidopage américaine (Usada) sur le cas Armstrong.

"Si vous parliez, vous étiez mis à l'écart. Regardez ce qui s'est passé quand quelques personnes l'ont fait. C'est le pouvoir de l'omerta, ce n'est plus le cas", a dit au Sunday Herald David Millar, suspendu en 2004 pour deux ans après avoir été convaincu de dopage.

Armstrong devrait perdre les sept titres conquis sur le Tour de France après la publication par l'Usada d'un rapport de 1.000 pages mercredi dernier prouvant qu'il avait pris des substances interdites et organisé le dopage au sein de son équipe lors de ses succès sur la "Grande Boucle".

Armstrong a toujours nié avoir eu recours à des substances interdites mais a renoncé à attaquer l'Usada.

Son avocat, Tim Herman, a déclaré dans l'émission Sportsweek de la BBC que le Texan pourrait se soumettre au détecteur de mensonges pour prouver son innocence.

L'Union cycliste internationale (UCI) a rejoint l'Usada dans ses conclusions. Les deux instances peuvent confirmer la suspension à vie d'Armstrong et le retrait de ses sept titres sur le Tour de France ou porter l'affaire devant le Tribunal arbitral du sport (Tas).

L'UCI NE FAIT PAS "UN MAUVAIS BOULOT"

Armstrong, l'un des athlètes les plus célèbres, également connu pour ses oeuvres de charité dans la lutte contre le cancer qu'il a lui-même vaincu, se dit victime d'une chasse aux sorcières.

Millar, qui était le coéquipier de l'Américain en 1997 dans la formation française Cofidis, a loué l'attitude de ses équipiers chez Garmin, Christian Vande Velde, David Zabriskie et Tom Danielson, qui ont témoigné contre Armstrong.

"Ils sont humiliés, gênés et effrayés - tout cela à la fois. Leur vie ne sera plus jamais la même. Cela va être très dur pour eux. Je sais ce que ce sera", a ajouté Millar.

L'Ecossais a appelé Pat McQuaid, le président de l'UCI, à couper les ponts avec le président d'honneur Hein Verbruggen, patron de l'instance dirigeante jusqu'en 2005, car le Néerlandais n'avait pas agi contre le dopage.

"Nous sommes tous coupables mais l'UCI l'a catégoriquement nié et a refusé toute responsabilité. Il est évident qu'ils savaient ce qui se passait", a-t-il dit.

"Le sport va mieux depuis l'arrivée de Pat McQuaid mais il doit rompre avec Verbruggen. Je ne pense pas que l'UCI fasse un mauvais boulot désormais. Ils sont en première ligne dans la lutte contre le dopage mais ils vont se saborder en composant avec le passé. C'est le moment pour Pat."

Millar a également dit qu'il était possible que d'autres tricheries soient mises au jour.

"De plus en plus de matériel apparaît laissant supposer que depuis 2005 quelques équipes ont certainement recours à la tricherie systématique", a-t-il dit.

Mueller, le dirigeant australien, a pour sa part estimé que l'amnistie pourrait aider à faire éclater la vérité sur l'étendue du dopage.

"Au sujet de cette amnistie, nous avons besoin d'en discuter avec le gouvernement (UCI) et l'Usada pour voir s'ils sont satisfaits de cette approche", a-t-il dit aux journalistes à Melbourne.

Avec Amlan Chakraborty à New Delhi, Chrystel Boulet-Euchin pour le service français, édité par Guy Kerivel

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