Lagerfeld veut relancer sa griffe grâce à la vente en ligne

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par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Karl Lagerfeld, qui a abandonné il y a un an sa dernière ligne féminine de prêt-à-porter, entend relancer sa marque en ciblant le grand public et l'engouement des consommateurs pour les ventes de mode en ligne.

La société Karl Lagerfeld BV, majoritairement détenue par le fonds Apax Partners qui a consenti de "substantiels" investissements dans l'entreprise, veut lancer une "nouvelle marque mondiale" sous la houlette créatrice de Karl Lagerfeld, a déclaré lundi une porte-parole de la société.

Dans un premier temps, une ligne de prêt-à-porter baptisée "Karl" sera vendue exclusivement sur internet à partir de janvier 2012. Une centaine d'articles fabriqués en Europe et en Asie seront proposés entre 60 et 300 euros, d'abord sur le site Net-à-porter, avec lequel a été signé un accord d'exclusivité pendant un mois, puis via un site propre développé par Karl Lagerfeld BV.

La collection sera disponible à partir du printemps dans quelques boutiques sélectionnées, a précisé la société dans un communiqué.

Dans un deuxième temps, une autre ligne, "Karl Lagerfeld Paris", verra le jour à l'automne 2012. Plus créative et aussi plus chère (les prix oscilleront entre 300 et 2.000 euros), elle sera fabriquée sous licence par l'italien Ittierre et commercialisée dans les magasins multimarques et les grands magasins.

Les deux lignes proposeront des accessoires (sacs, chaussures, montres, bijoux) - passage obligé pour doper la rentabilité - qui devraient à terme représenter environ la moitié de leur chiffre d'affaires.

La société entend surtout profiter de la formidable croissance des ventes de mode sur internet. Les ventes mondiales de luxe en ligne devrait ainsi grimper de 25% en 2011, selon les estimations du cabinet Bain & Co, pour une croissance globale du marché du luxe estimée à 13%.

La ligne "Karl" devrait ainsi être le principal moteur de la croissance attendue, a déclaré à Reuters Pier Paolo Righi, nouveau PDG de Karl Lagerfeld BV, venu de chez Tommy Hilfiger, la griffe vendue par Apax en 2010 à l'américain Philips Van Heusen.

OBJECTIFS AMBITIEUX

Ses objectifs de croissance sont d'ailleurs ambitieux.

"Nous serions déçus si le chiffre d'affaires n'était pas multiplié par quatre ou cinq en cinq ans", a indiqué Pier Paolo Righi.

Aujourd'hui, Karl Lagerfeld BV tire l'essentiel de ses revenus des contrats de "co-branding" signés avec diverses marques. Elle réalise un chiffre d'affaires d'environ 100 millions d'euros.

Karl Lagerfeld, artisan du succès continu de Chanel depuis près de 30 ans et qui assume aussi la direction artistique de la griffe italienne Fendi (propriété du groupe LVMH), prête en effet son nom depuis des années à des produits parfois très éloignés du monde de la mode.

Depuis les bouteilles de Coca-Cola Light à son effigie aux collections de lunettes pour la chaîne Optic 2000, en passant par des tenues de poupée Barbie, le couturier a multiplié les contrats avec des marques sans pour autant ternir celle de Chanel ou de Fendi.

Ce grand écart est étroitement géré par Karl Lagerfeld BV, qui reste "très vigilante dans le choix des marques face à des demandes quasiment incessantes", a indiqué son PDG.

Ce qui fait la force de l'homme au catogan et aux lunettes noires, c'est "une créativité qui peut s'exprimer au-delà du seul monde de la mode", a-t-il ajouté.

Le créateur avait innové en proposant une collection à son nom vendue chez H&M en 2004. Fort de l'énorme succès de l'opération, il s'était dit convaincu du potentiel du "luxe accessible".

"Pour la première fois, un grand créateur va proposer des collections exclusivement vendues sur internet", a souligné la porte-parole de la société.

"Lagerfeld", ligne masculine classique et seule encore existante, reste maintenue sous licence de l'allemand Fashion Design.

Edité par Dominique Rodriguez

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