Lagardère sort d'EADS pour 2,28 milliards d'euros

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LAGARDÈRE SORT D?EADS POUR ENVIRON 2,3 MILLIARDS D'EUROS
LAGARDÈRE SORT D?EADS POUR ENVIRON 2,3 MILLIARDS D'EUROS

PARIS (Reuters) - Lagardère a annoncé mardi avoir cédé la totalité de sa participation (7,4%) au capital d'EADS pour un montant total de 2,283 milliards d'euros, soit 37,35 euros par action.

Ce prix, communiqué par Société générale CIB, coordinateur global et teneur de livre de l'opération avec Bank of America Merrill Lynch, se situe dans le bas de la fourchette indiquée à l'ouverture en début de matinée du carnet d'ordres (37,35-37,45 euros).

Société générale a précisé que Lagardère avait, in fine, cédé 61.113.852 actions EADS ce mardi.

Sur la base d'un communiqué de Lagardère qui indiquait avoir parachevé la cession d'"environ 61 millions d'actions EADS" pour un montant de 2.283 millions d'euros, Reuters, avait calculé dans un premier temps un prix unitaire estimé à 37,43 euros.

EADS a fait savoir que dans le cadre de ce placement privé, il s'était porté acquéreur de l'équivalent de 1,61% de la totalité de son capital pour un montant de 500 millions d'euros.

Le groupe d'aéronautique et de défense a précisé que cette acquisition s'inscrivait dans le cadre de son programme de rachat d'actions sur 18 mois annoncé la semaine dernière pour un montant maximum de 3,75 milliards d'euros.

"Ça s'est plutôt bien passé. Le prix offre une décote limitée de 3,4% par rapport au cours de clôture de lundi", dit un trader qui rappelle le parcours spectaculaire de l'action EADS depuis le début de l'année.

Si le titre accuse la plus forte baisse du CAC 40 (-2,82% à 37,62 euros vers 12h00), il reste le champion des valeurs de l'indice avec une progression de plus de 27% depuis le début 2013. Le 15 mars dernier, il avait touché un plus haut historique à 42,585 euros.

L'action Lagardère perdait au même moment 1,79% à 28,01 euros.

"PUISSANCE DE FEU"

Un analyste d'un courtier parisien a souligné que nombre d'acteurs du marché s'attendaient à ce qu'EADS procède au rachat de 5,5% de ses actions dans le cadre de cette opération.

Il avance deux hypothèses qui pourrait expliquer la décision d'EADS de se contenter du rachat de 1,6%. La première, plutôt négative pour le titre, serait qu'EADS a choisi d'attendre une baisse supplémentaire du cours de Bourse.

La seconde hypothèse, plus positive, prêterait l'intention au groupe de garder suffisamment de "puissance de feu" - il peut encore racheter 10,5 à 10,6% de ses actions - pour couvrir l'essentiel des cessions de participations à venir, à commencer par celle de Daimler (7,4%) attendue au second semestre.

L'analyste ajoute qu'après le placement de Daimler ou en 2014, l'Etat français pourrait céder 4,3% de sa participation, l'Etat espagnol 0,77% et l'Allemagne pourrait acheter quelques actions pour atteindre une participation de 12%.

Les cession à venir, qui représentent 12,2% (en brut) du capital d'EADS, seraient alors compensées par la capacité de rachat restante de 10,6%, explique-t-il.

"En bref, la transaction d'aujourd'hui éliminerait le risque que font peser sur le titre EADS les cessions à venir", dit-il en réitérant son conseil d'achat.

Le nouveau tour de table d'EADS, entré en vigueur la semaine dernière, vise à ramener la part de l'Etat français de 15% à 12% dans la maison-mère d'Airbus.

L'Etat a parallèlement cédé fin mars 3,12% dans Safran, réduisant sa part dans l'équipementier aéronautique à 27%.

Crédit agricole CIB était teneur de livre de l'opération, a indiqué le groupe Lagardère qui a précisé que le pôle banque d'investissement de la banque verte et Ondra Partners ont été ses conseils financiers.

Raoul Sachs, Benjamin Mallet, Blaise Robinson, édité par Jean-Michel Bélot

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