Lagardère discute toujours de Canal+ France avec Vivendi

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POURSUITE DES DISCUSSIONS LAGARDÈRE-VIVENDI SUR CANAL+ FRANCE
POURSUITE DES DISCUSSIONS LAGARDÈRE-VIVENDI SUR CANAL+ FRANCE

PARIS (Reuters) - Lagardère a fait savoir lundi qu'il poursuivait ses discussions avec Vivendi pour la vente de sa participation dans Canal+ France, une déclaration faite après que Le Nouvel Observateur a rapporté vendredi la conclusion d'un accord entre les deux groupes, faisant bondir le titre du groupe de médias en Bourse.

Selon Le NouvelObs, qui ne citait pas ses sources, un compromis aurait été trouvé sur la vente de la participation de 20% dans Canal+ France de Lagardère à Vivendi et l'accord devait être officialisé au début de cette semaine.

"Lagardère annonce la poursuite des discussions avec Vivendi en vue de trouver un accord sur Canal+ France", indique le groupe de médias dans un communiqué d'une ligne.

La part de 20% de Lagardère est valorisée à hauteur de 1,15 milliard d'euros dans les comptes du groupe. Vivendi l'estimait plutôt entre 800 et 900 millions d'euros, selon une personne au fait du dossier.

"Une fourchette de 800 à 900 millions nous semblait plus crédible, un milliard serait une nouvelle très bonne nouvelle pour Lagardère", estime un trader en poste à Paris.

"Il faut avoir à l'esprit que cela représenterait plus du quart de la capitalisation boursière de Lagardère en cash, avec la moitié de ce montant qui pourrait être reversé sous la forme d'un dividende exceptionnel", ajoute-t-il.

"UNE BATAILLE JURIDIQUE JUDICIEUSE"

Dans une note, Gilbert Dupont rappelle que Lagardère a indiqué à plusieurs reprises que la moitié du produit de cession de Canal+ devrait donner lieu à un dividende exceptionnel (500 millions d'euros, soit 3,8 euros par action).

"L'autre moitié permettra au groupe de poursuivre son désendettement (la dette nette passant de 900 millions d'euros fin juin à 400 millions d'euros post-cession, soit un gearing de 13%), voire de procéder à des acquisitions dans le Travel Retail, le numérique ou la production audiovisuelle (Lagardère aurait racheté Réservoir Prod, la société fondée par Jean-Luc Delarue, pour 15 millions d'euros)", ajoute le broker.

Plusieurs analystes jugent en revanche limités les effets d'une telle transaction pour Vivendi, en pleine revue stratégique avec notamment un projet de scission de ses activités télécoms et médias.

A 9h57, le titre Lagardère prend 1,43% à 27,045 euros contre un recul de 0,27% pour Vivendi. Au même instant, l'indice SBF 120 perd 0,17%.

Après plusieurs années d'initiatives infructueuses, ce dossier est devenu un véritable "serpent de mer".

"Cet accord confirmerait que la bataille juridique menée par Lagardère depuis le début de l'année était judicieuse, en dépit des doutes qu'elle a pu susciter chez certains", commente Gilbert Dupont.

Lagardère a assigné Vivendi en justice en février, l'accusant de siphonner la trésorerie de la chaîne cryptée.

Faute d'avoir trouvé un terrain d'entente avec Vivendi sur le prix, Lagardère avait tenté d'introduire en Bourse sa participation en 2011 avant d'y renoncer après le séisme au Japon.

Le processus avait été relancé en 2012 avant d'être abandonné une nouvelle fois.

En mai, Arnaud Lagardère avait été jusqu'à déclarer qu'il était prêt à racheter les 80% de Vivendi dans Canal+ France, un scénario toutefois jugé par beaucoup peu crédible.

Alexandre Boksenbaum-Granier, avec Gwénaëlle Barzic, édité par Dominique Rodriguez

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