Lagardère demande le réexamen du projet EADS/BAE

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LAGARDÈRE DEMANDE LE RÉEXAMEN DU PROJET DE FUSION ENTRE EADS ET BAE
LAGARDÈRE DEMANDE LE RÉEXAMEN DU PROJET DE FUSION ENTRE EADS ET BAE

PARIS (Reuters) - Lagardère a estimé lundi que le projet de fusion entre EADS et le britannique BAE Systems n'était pas créateur de valeur pour le groupe européen d'aéronautique et de défense dont il est actionnaire, et a demandé son réexamen.

Lagardère, dans un communiqué, juge "insatisfaisantes" les conditions de rapprochement des deux entreprises et demande qu'il soit réexaminé "en prenant mieux en compte l'ensemble des intérêts de l'actionnariat français de contrôle d'EADS".

"Ce projet, en dépit du potentiel industriel et stratégique qui lui est prêté, n'a pas démontré à ce jour qu'il était créateur de valeur pour EADS", poursuit Lagardère, qui détient 7,5% d'EADS.

Un porte-parole d'EADS s'est refusé à tout commentaire.

"C'est une assez bonne nouvelle pour EADS, qui met un peu plus de pression sur les modalités de la fusion afin de correctement estimer les intérêts des actionnaires d'EADS", commente un arbitragiste.

"La nouvelle est également excellente pour Daimler. Cependant, ceci pourrait retarder l'accord étant donné que la parité et les conditions pourraient être renégociés", ajoute-t-il.

Daimler détient 15% du capital d'EADS et 22,28% des droits de vote.

A 10h40, l'action EADS montait de 1,46% à 25,025 euros, tandis que le titre Lagardère limitait sa hausse à 0,05% (21,265 euros).

Dans une tribune publiée lundi dans la presse, les dirigeants d'EADS et BAE Systems s'efforcent de rassurer les investisseurs sur les avantages de leur projet de fusion à 35 milliards d'euros.

Le projet de création d'un nouveau géant européen de l'aéronautique et de la défense est entré vendredi dans une phase politique cruciale, l'Allemagne affirmant sa volonté de disposer d'une position équivalente à celle de la France.

La France et l'Allemagne, qui avaient supervisé la naissance d'EADS il y a 12 ans, ont un rôle clé à jouer dans le dossier mais chacun entend bien défendre ses intérêts.

L'Etat français possède 15% d'EADS et souhaite conserver son influence sur la stratégie du groupe, exercée par le biais d'un accord avec Lagardère.

La France a également demandé que le siège social du nouveau groupe soit installé à Toulouse, où est déjà basé l'avionneur Airbus, filiale d'EADS, et souhaite des garanties sur l'avenir de son industrie de défense, a-t-on appris de source proche des propositions.

L'Etat fédéral allemand n'est pas directement présent au capital d'EADS mais considère le projet de fusion comme une occasion de s'assurer le contrôle de la participation - de taille équivalente à la part française - aujourd'hui détenue par Daimler et par un groupe de banques.

Noëlle Mennella, avec la contribution de Blaise Robinson, édité par Dominique Rodriguez

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