Lagarde (FMI) presse les Etats de soutenir la croissance

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    FRANCFORT, 5 avril (Reuters) - La directrice générale du 
Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a 
insisté mardi sur la nécessité pour les Etats de redoubler 
d'efforts afin de soutenir la croissance, en soulignant que 
l'inaction actuelle ne faisait qu'accroître les risques.  
    Dans un discours à l'université Goethe de Francfort, elle a 
ainsi appelé les Etats-Unis à relever leur salaire minimum, 
l'Europe à améliorer sa formation professionnelle et les pays 
émergents à réduire les subventions sur les carburants et 
augmenter les dépenses sociales. 
    La reprise qui a suivi la crise financière mondiale de 
2007-2009 "reste trop lente, trop fragile et les risques sur sa 
pérennité augmentent", a-t-elle dit. 
    "Soyons clairs: nous sommes en alerte, pas en alarme. On a 
assisté à une perte d'élan en terme de croissance", a ajouté 
Christine Lagarde. "Mais si les décideurs politiques peuvent 
affronter les défis et agir ensemble, les effets positifs sur la 
confiance globale et l'économie globale seront importants." 
    Ses déclarations interviennent moins de deux semaines avant 
les réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale à 
Washington, qui seront l'occasion de dresser un nouvel état des 
lieux de la croissance mondiale et de ses perspectives. 
    Si la reprise américaine a retrouvé de l'élan tandis que 
certains pays émergents, comme le Mexique, enregistraient de 
bonnes performances ces derniers mois, le Fonds s'est dit déçu 
par la croissance en Europe et au Japon, tandis que le 
ralentissement en Chine pesait sur les cours du pétrole et des 
matières premières, handicapant ainsi de grandes économies 
exportatrices de ressources de base telles que la Russie et le 
Brésil.  
     
    LE FMI DÉTAILLE DES MESURES SPÉCIFIQUES 
    Face à ces vents contraires, Christine Lagarde a plaidé en 
faveur de l'accélération des réformes structurelles, 
l'augmentation des soutiens budgétaires et la poursuite de 
politiques monétaires accommodantes.  
    Et pour la première fois, elle a fourni des exemples 
concrets et précis de mesures à envisager. 
    Aux Etats-Unis, la hausse du salaire minimum, l'augmentation 
des crédits d'impôt pour les travailleurs pauvres et 
l'amélioration de l'indemnisation du congé parental pourraient 
ainsi se traduire par l'augmentation de la population active, 
a-t-elle expliqué.  
    Elle a également jugé que la zone euro devrait améliorer son 
système de formation et ses politiques d'emploi pour réduire le 
chômage des jeunes.  
    Elle a aussi prôné l'amélioration des avantages fiscaux 
accordés aux investissements en recherche et développement (R&D) 
et la hausse de la dépense publique dans ce domaine, en citant 
des études du FMI selon lesquelles une hausse de 40% des 
dépenses de R&D dans les pays avancés pourrait se traduire par 
un gain de cinq points de croissance du produit intérieur brut 
(PIB) sur 20 ans.  
    Au niveau actuel des dépenses, une telle hausse équivaudrait 
à environ 0,4 point de PIB par an, a-t-elle précisé.  
    Dans son discours à Francfort, elle a également préconisé de 
nouveaux efforts de consolidation budgétaire dans les pays très 
endettés mais elle n'a pas évoqué le cas spécifique de la Grèce. 
 
 (David Lawder; Marc Angrand pour le service français) 
 
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  • M7097610 il y a 8 mois

    le medef n'est pas d'accord. Les salariés sont encore trop chers ! D'ailleurs, faudrait il les payer ?

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