Lagarde (FMI) craint la persistance d'une croissance "médiocre"

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WASHINGTON, 9 avril (Reuters) - Une croissance économique médiocre pourrait devenir la "nouvelle réalité" avec à la clé des chômeurs par millions et une multiplication des risques d'instabilité financière, estime la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI). Christine Lagarde avait déjà dit en octobre que l'économie mondiale risquait d'être confinée à une trajectoire de croissance "médiocre", caractérisée par un chômage et un endettement élevés, en l'absence d'une réaction des autorités compétentes. "Il faut faire en sorte aujourd'hui que ce médiocre ne devienne la 'nouvelle réalité'", a-t-elle expliqué jeudi, suivant le texte d'un discours qu'elle devait prononcer à l'Atlantic Council de Washington. S'exprimant avant la publication mardi prochain des projections économiques du FMI, Christine Lagarde observe que la croissance mondiale sera cette année similaire à celle de 2014, avec une légère accélération pour les grandes puissances économiques et un léger ralentissement pour les pays émergents. Le FMI a annoncé en janvier une croissance de 3,3% pour l'économie mondiale en 2014, soit 1,8% pour les grandes puissances économiques et 4,4% pour les pays émergents. "Ce n'est pas que la croissance soit globalement mauvaise", poursuit la directrice générale du FMI dans son discours. "C'est surtout que, compte tenu de l'impact durable de la Grande Récession sur les populations (...), il se trouve que la croissance n'est pas assez bonne". Même si des politiques monétaire accommodantes s'imposent encore, surtout au Japon et dans la zone euro, des taux d'intérêt très bas sont source d'instabilité financière, les investisseurs acceptant un risque plus élevé, au risque de surévaluer les actifs. La forte appréciation du dollar ces six derniers mois peut avoir en soi un impact négatif dans la mesure où la Réserve fédérale se préparer à relever les taux alors que d'autres banques centrale s'en abstiendront, remarque encore Christine Lagarde. A cet égard, certaines entreprises des pays émergents sont particulièrement vulnérables car elles doivent composer avec un dollar fort, la baisse des prix des matières premières et la hausse des coûts d'emprunt. Christine Lagarde rappelle enfin que, dans de trop nombreux pays, les réformes structurelles traînent en longueur. (Anna Yukhananov, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Angrand)

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