Lafarge poursuivra ses cessions d'actifs en 2013

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LAFARGE CONFIRME SES OBJECTIFS
LAFARGE CONFIRME SES OBJECTIFS

PARIS (Reuters) - Lafarge a annoncé vendredi qu'il poursuivrait ses cessions d'actifs et limiterait à nouveau ses investissements l'an prochain pour atteindre son objectif de désendettement, après un troisième trimestre marqué par une hausse de 4% des ventes grâce à sa politique de prix et aux émergents.

Le numéro un mondial du ciment, numéro deux des granulats et numéro quatre du béton, a réduit sur le trimestre écoulé sa dette nette de 2,4% environ à 12,2 milliards d'euros. Sur un an, elle est en baisse de 14%.

"Le groupe maintient son objectif de ramener sa dette à moins de dix milliards d'euros le plus tôt possible en 2013", a déclaré Lafarge dans un communiqué.

En marge d'une conférence téléphonique, le PDG Bruno Lafont a refusé de préciser à quel moment de l'an prochain cet objectif pourrait être atteint.

Pour y parvenir, le groupe limitera à nouveau en 2013 ses investissements à 800 millions d'euros, comme en 2012, et continuera à céder des actifs.

"Des cessions supplémentaires - au-delà de l'objectif 2012 annoncé d'un milliard d'euros - pourraient conduire à une révision à la hausse de ce niveau d'investissement", a toutefois souligné le groupe dans son communiqué.

A la fin du troisième trimestre, Lafarge avait sécurisé 500 millions d'euros de cessions d'actifs. L'objectif d'un milliard sur l'année devrait être atteint grâce notamment aux désinvestissements en Grande-Bretagne réclamés par le régulateur en échange de la création de la coentreprise entre Lafarge et le groupe minier anglo-americain.

"Le processus se déroule d'ici à fin janvier (...) mais j'ai confiance que nous l'annoncerons dans les semaines qui viennent", a déclaré Bruno Lafont, au cours de la conférence téléphonique, en réponse à une question sur la série de désinvestissements attendue outre-Manche.

OBJECTIF 2013 D'ÉCONOMIES CONFIRMÉ

Malgré un environnement toujours "tendu" et des perspectives macroéconomiques incitant à la prudence, Lafarge a réalisé au troisième trimestre un chiffre d'affaires de 4,39 milliards d'euros (+4%), alors que le consensus calculé par la rédaction de Reuters à partir des estimations de neuf analystes donnait 4,44 milliards.

Le groupe a expliqué cette performance par la demande des pays émergents - Lafarge réalise désormais 72% de son activité hors d'Europe - et par sa politique tarifaire.

L'excédent brut d'exploitation (Ebitda) est ressorti en hausse de 6% à 1,07 milliard d'euros, mais le résultat net, part du groupe, a baissé de 5% à 319 millions, une plus-value en 2011 ayant créé un comparatif défavorable. En excluant ce facteur exceptionnel, le résultat net ressort en hausse de 13%.

Le groupe a lancé en juin un nouveau plan d'économies pour réduire sa dette et retrouver la catégorie investissement des agences de notation d'ici 2015. Sur la période 2012-2015, le plan prévoit 1,3 milliard d'euros de nouvelles économies et 450 millions d'euros d'Ebitda additionnel grâce à la croissance des ventes et des marges.

Le groupe compte réduire ses coûts de 400 millions d'euros en 2012 en jouant sur les frais généraux, la productivité et la facture énergétique, et économiser plus de 350 millions d'euros supplémentaires en 2013, chiffre confirmé vendredi. Viendront s'ajouter l'an prochain 200 millions d'euros d'Ebitda additionnel grâce à l'effet des innovations sur les ventes et les marges.

Lafarge, qui a confirmé par ailleurs sa prévision d'une hausse de 1 à 4% de la demande mondiale de ciment en 2012 sur les marchés où il est présent, a clôturé jeudi à la Bourse de Paris à 45,74 euros, donnant une capitalisation boursière de 13,2 milliards d'euros. Depuis le début de l'année, le titre a bondi de plus de 68%, après avoir perdu environ 42% sur l'ensemble de 2011.

Gilles Guillaume, édité par Cyril Altmeyer

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