Lafarge exclut de renégocier les termes de fusion avec Holcim

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* Les parités "ne bougeront pas", dit Lafont * Lafarge veut un expert du ciment comme DG (Ajoute éléments sur le futur DG) PARIS, 4 avril (Reuters) - Le PDG de Lafarge LAFP.PA , Bruno Lafont, affirme samedi que les conditions de la fusion avec Holcim HOLN.VX , déjà renégociées en faveur du groupe suisse, ne seront plus modifiées malgré les demandes en ce sens du deuxième actionnaire d'Holcim. Le milliardaire russe Filaret Galtchev, qui détient 10,8% du capital d'Holcim, a rejeté le week-end dernier le compromis conclu entre les deux groupes sur le projet de fusion dont plusieurs termes étaient contestés par la partie suisse. La parité d'échange est désormais fixée à 0,90 action Holcim pour un titre Lafarge. Filaret Galtchev juge ces modalités "insatifaisantes et incomplètes" et semble être le principal obstacle au projet de fusion : l'augmentation de capital d'Holcim qui servira de support à l'offre d'échange doit être soumise aux actionnaires le 8 mai. Malgré la menace que font peser plusieurs actionnaires -- Galtchev n'est pas le seul à manifester son hostilité --, Bruno Lafont assure samedi dans Le Monde que les modalités de la fusion ne changeront pas. "Les parités financières ne bougeront pas, la gouvernance non plus", dit-il. "Onze mois après le premier projet, les conditions de marché avaient un peu évolué et nous l'avons donc amendé, tout en préservant le principe d'une fusion entre égaux." Wolgang Reitzle, président d'Holcim, a déjà exclu cette semaine de revoir les termes de la fusion et s'est dit prêt à accorder à Eurocement, la société de Filaret Galtchev, un siège au conseil d'administration de la future entité, proposition immédiatement rejetée. "CULTURE NOUVELLE" Outre la question de la parité, le compromis avait scellé celle du futur directeur général du groupe, élément crucial du projet et poste initialement dévolu à Bruno Lafont, qui sera finalement co-président non exécutif de LafargeHolcim. Or le fonds américain Harris Associates, qui a récemment porté sa participation dans le groupe suisse à 6,38%, ce qui en fait le troisième actionnaire, réserve lui aussi son jugement tant qu'il ne connaîtra pas le nom du futur directeur général. Holcim doit convaincre les deux tiers de ses actionnaires d'approuver l'augmentation de capital le 8 mai prochain, aussi le scepticisme voire l'hostilité de plusieurs d'entre eux jette un doute sur la naissance annoncée du premier cimentier mondial. Interrogé sur la personnalité qui doit être nommée d'ici deux semaines, Bruno Lafont évoque "un leader capable d'entraîner et de fédérer les équipes, un expert du ciment connaissant bien le métier et l'entreprise, et avec une vraie culture de la création de valeur". Si ces propos semblent évoquer une personnalité choisie au sein du groupe, le premier actionnaire de Lafarge, parle de son côté d'un futur directeur général à l'expérience vaste et de la nécessité d'apporter "une culture nouvelle" au groupe. "Donc ce doit être quelqu'un avec une expérience différente et avec un profil international", déclare Gérard Lamarche, administrateur délégué de Groupe Bruxelles Lambert, holding qui détient 21,1% du capital de Lafarge, dans le Financial Times. Quoi qu'il en soit, Bruno Lafont veut croire que "la fusion n'est pas en danger". "Il est normal qu'il y ait débat. Jusqu'au dernier jour, certains diront peut-être qu'ils ne sont pas satisfaits. Mais au moment de voter, ils verront que leur intérêt est de permettre à cette fusion créatrice de valeur de se concrétiser", dit-il. Il ajoute qu'en cas d'échec du projet, qui doit être bouclé en juillet, Lafarge saurait rebondir. "Lafarge a de toutes façons des perspecives parmi les meilleures du secteur", assure Bruno Lafont. "Nous avons un vrai plan pour poursuivre l'essor du groupe sans fusion. Mais ce serait dommage car elle doit nous permettre d'accélérer encore." (Gregory Blachier)


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