Lafarge et Anglo American devront céder d'importants actifs

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Lafarge et Anglo American devront céder d'importants actifs
Lafarge et Anglo American devront céder d'importants actifs

par Clara Ferreira-Marques

LONDRES (Reuters) - Le cimentier Lafarge et le groupe minier Anglo American devront procéder à d'importantes cessions pour obtenir le feu vert des autorités britanniques à leur projet de co-entreprise dans les matériaux de construction, une condition dont Londres espère qu'elle permettra l'émergence de nouveaux entrants sur ce marché.

Sans ces cessions, estime la Commission de la concurrence, le rapprochement entre les deux entreprises nuirait à la concurrence en Grande-Bretagne.

Lafarge et Anglo American avaient annoncé en février 2011 un projet de fusion de leurs activités de matériaux de construction au Royaume-Uni au sein d'une co-entreprise détenue à parts égales.

Cet accord, visant à regrouper l'ensemble des activités ciment, granulats, béton prêt à l'emploi et enrobés bitumineux des deux groupes sur le marché britannique, doit permettre au groupe français de se renforcer outre-Manche.

Le 21 février dernier, la Commission britannique de la Concurrence avait déjà indiqué qu'à ses yeux, la fusion des activités des deux groupes, dont le chiffre d'affaires cumulé sur la base de 2010 atteignait 2,1 milliard d'euros, présentait des risques pour la concurrence et que, pour y remédier, les deux partenaires devraient céder des actifs.

Mardi, elle a précisé que ces cessions devaient porter sur "un portefeuille significatif d'opérations" incluant notamment une usine de ciment, deux usines d'asphalte ou encore une carrière, soit un ensemble suffisant pour permettre l'entrée d'un nouveau concurrent sur le marché.

Lafarge et Anglo American ont chacun de leur côté salué cette décision. Le groupe français s'est dit "confiant" dans leur capacité à respecter la condition posée.

Les analystes estiment que ces cessions pourraient attirer un nombre important d'acquéreurs potentiels en dépit du climat d'austérité ambiant en Grande-Bretagne, qui risque de peser sur les dépenses d'infrastructures.

HOLCIM ET BREEDON, ACQUÉREURS POSSIBLES

Le marché britannique du ciment est pour l'instant dominé par Lafarge, Tarmac, filiale d'Anglo, le mexicain Cemex et Hanson, contrôlé par l'allemand HeidelbergCement.

Plusieurs analystes s'attendent à ce que le suisse Holcim, déjà présent dans les granulats et le béton prêt à l'emploi au Royaume-Uni mais pas dans le ciment, pourrait être un acquéreur possible des actifs cimentiers concernés.

Breedon Aggregates, premier acteur indépendant du marché britannique des granulats a confirmé de son côté qu'il étudierait les actifs mis en vente.

Vers 14h45 GMT, le titre Anglo American gagnait 1,77% à 24,10 livres alors que le Footsie 100 de la Bourse de Londres, seul grand marché ouvert en Europe en ce 1er mai, gagnait 1,19%.

Le calendrier et les modalités des cessions exigées par la Commission de la concurrence seront précisés après la publication du rapport définitif sur le projet.

"Nous pensons que ces importantes cessions contribueront à protéger les intérêts de tous les clients sur ces marchés-clés, ce qui particulièrement important quand on étudie la manière dont les travaux de construction sont financés par l'argent public", a souligné Roger Witcomb, le président de la commission d'enquête sur le dossier Anglo-Lafarge.

Pour Anglo American, le rapprochement prévu entre Tarmac et les activités britanniques de Lafarge constituait une phase intermédiaire, puisqu'il cherche à céder sa filiale depuis plusieurs années. Lors de l'annonce de l'opération, le groupe minier avait d'ailleurs précisé qu'à terme, son objectif restait de céder ses intérêt dans la co-entreprise.

Lafarge avait souligné à l'époque que l'opération n'aurait pas d'impact sur le groupe en terme de cash.

Anglo American, l'une des plus importantes compagnies minières mondiales, est également cotée en Afrique du Sud.

Lafarge est le numéro un mondial du ciment, numéro deux des granulats et numéro quatre du béton. Dans le cadre de son désendettement, il est quasiment sorti l'an dernier de son autre métier, le plâtre.

Benoit Van Overstraeten, Gilles Guillaume et Marc Angrand pour le service français

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