Lafarge annonce de nouvelles économies pour réduire sa dette

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Lafarge annonce de nouvelles économies pour réduire sa dette
Lafarge annonce de nouvelles économies pour réduire sa dette

par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - Lafarge a dévoilé mardi un nouveau plan d'économies et de croissance qui doit lui permettre de ramener son endettement sous le seuil des dix milliards d'euros dès l'an prochain et de retrouver la catégorie investissement d'ici 2015.

Le numéro un mondial du ciment, dont la dette nette atteignait 12,4 milliards d'euros fin mars, compte réduire ses coûts de 1,3 milliard d'euros en total cumulé sur la période 2012-2015, avec une baisse d'au moins 350 millions d'euros l'an prochain.

Ces nouvelles économies s'ajouteront à celles de 400 millions d'euros déjà prévues pour cette année. Elles concerneront surtout les implantations du groupe dans les pays émergents et passeront par la réduction des frais généraux et des coûts fixes industriels, l'amélioration de la productivité des usines et la diminution de la facture énergétique.

Le plan que Lafarge présente ce mardi aux investisseurs, premier plan sur quatre ans jamais lancé par le groupe, prévoit aussi de générer au moins 450 millions d'euros supplémentaires d'Ebitda d'ici 2015 grâce à la croissance interne des ventes et des marges. Au total, ces mesures devraient permettre d'augmenter de 1,75 milliard d'euros l'Ebitda du groupe à l'horizon 2015.

"Après plusieurs années d'expansion géographique, de reconfiguration des activités du groupe, Lafarge entame une nouvelle étape de son développement, qui va lui permettre d'extraire pleinement la valeur de ses actifs en se concentrant sur ses actifs existants", a déclaré Bruno Lafont, PDG de Lafarge, au cours d'une téléconférence de presse.

"Par la suite, une fois notre structure financière stabilisée, nous retrouverons des marges de manoeuvre en matière de croissance du dividende et de reprise des investissements", a-t-il ajouté.

Vers 11h00, l'action Lafarge gagne 1,14% à 30,99 euros.

"Ce plan, similaire dans sa structure à celui d'Holcim, constitue une surprise positive pour 2013 et au-delà" , commente Goldman Sachs Research dans une note, en référence au plan d'économies présenté le mois dernier par le cimentier suisse, numéro deux mondial du ciment.

UNE NOTE "BBB" D'ICI 4 ANS ?

La dette de Lafarge, héritée en grande partie de l'acquisition de l'égyptien Orascom en 2008, a valu au groupe de voir sa note de crédit déclassée en catégorie "junk" par les agences de notation Standard & Poor's et Moody's l'an dernier.

S&P a abaissé en mars dernier sa perspective de stable à négative, tout en maintenant sa note à "BB+". Après l'annonce du plan, l'agence Fitch a de son côté confirmé mardi sa note "BB+" assortie d'une perspective stable.

A l'horizon 2015, Lafarge vise un ratio de cash-flow opérationnel sur dette nette compris entre 28 et 30%, contre 13,2% en 2011. Selon le directeur financier du groupe, ce niveau pourrait permettre de retrouver une note "BBB", deuxième échelon de la catégorie "investissement" des agences Standard & Poor's et Fitch.

Face à l'atonie des marchés de la construction imputable au ralentissement économique, Lafarge réduit ses coûts et cède des actifs depuis plusieurs années déjà afin d'alléger sa dette.

Il a également diminué de moitié le dividende de l'exercice 2011, s'est repositionné sur le ciment, le béton et les granulats en sortant du plâtre et s'est réorganisé à l'automne selon un organigramme par pays, afin de capter la croissance où elle se trouve, notamment dans les pays émergents.

Le plan d'action dévoilé mardi met également l'accent sur le développement et la commercialisation accélérée de produits innovants et sur les services aux grands comptes.

"C'est une nouvelle plate-forme de croissance pour le groupe qui n'est plus directement corrélée au PIB ou à la macroéconomie, mais à notre capacité à apporter plus de valeur à nos clients", a ajouté Bruno Lafont au cours d'une conférence de presse.

Lafarge maintient sa prévision d'une hausse de 1 à 4% de la demande en ciment cette année sur les marchés où il est présent. D'ici 2015, il estime à 4,6% le taux moyen annuel de croissance du marché mondial du ciment grâce à la reprise attendue en Amérique du Nord et à la demande en Afrique et en Asie du Sud.

En revanche, le marché ouest-européen devrait stagner au cours des quatre prochaines années.

Bruno Lafont s'est également déclaré confiant dans la capacité du groupe à atteindre son objectif d'un milliard d'euros de désinvestissements cette année, bien que seuls 71 millions aient été réalisés au premier trimestre.

Les cessions d'actifs exigées par les autorités britanniques dans le cadre du rapprochement des activités de Lafarge et d'Anglo American outre-Manche devraient y contribuer.

"C'est un processus qui devrait démarrer à partir de la fin du mois de juin lorsque nous aurons achevé complètement le processus d'autorisation et de consultation des autorités de la concurrence", a précisé le PDG.

Edité par Marc Angrand

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