Lafarge accélère ses économies, croissance en vue en 2013

le
0
RECUL DU RESULTAT NET DE LAFARGE EN 2012
RECUL DU RESULTAT NET DE LAFARGE EN 2012

par Gilles Guillaume et Matthieu Protard

PARIS (Reuters) - Lafarge, dont les comptes sont repassés dans le vert au quatrième trimestre 2012, a accéléré ses réductions de coûts et maintient son objectif de désendettement pour 2013, année où la croissance devrait être tirée par les émergents et l'Amérique du Nord.

Le numéro un mondial du ciment, numéro deux des granulats et numéro quatre du béton, dont la dette a été placée dans la catégorie "junk" (spéculative) par Standard & Poor's et Moody's, a annoncé mercredi un bénéfice net de 100 millions d'euros au quatrième trimestre contre une perte de 3 millions un an plus tôt.

"L'année 2012 montre une progression rapide sur nos deux leviers de croissance qui sont l'innovation et la réduction des coûts", a déclaré Bruno Lafont, PDG de Lafarge, au cours d'une conférence de presse.

"Nous allons encore accélérer en 2013 et cette accélération va nous permettre de réaliser dès fin 2014 la quasi-totalité de notre plan stratégique 2012-2015 dont l'objectif est de générer un Ebitda additionnel de 1,75 milliard d'euros", a-t-il ajouté.

La contribution de ces mesures à l'Ebitda cette année devrait atteindre 650 millions d'euros, dont 450 millions liés aux économies sur les frais généraux et la facture énergétique. L'objectif annuel de réductions de coûts était jusqu'à présent de 350 millions.

Le groupe a également optimisé son organisation autour d'une structure par pays et réduit l'an dernier de 4% environ son effectif global. Interrogé sur l'éventualité de fermer des sites en France, Bruno Lafont a répondu qu'il n'en avait toujours pas l'intention. "Pour le reste (des pays), nous restons pragmatiques", a-t-il ajouté.

"DÉSINVESTISSEMENTS CIBLÉS"

Dans ce contexte, Lafarge a maintenu son objectif de ramener sa dette à moins de dix milliards d'euros le plus tôt possible en 2013, sans précision sur le calendrier. Il a sécurisé à ce jour 900 millions d'euros de cessions d'actifs, sur un objectif d'un milliard sur l'année écoulée.

A fin 2012, son endettement, hérité de l'acquisition de l'égyptien Orascom en 2008, s'élevait à 11,3 milliards d'euros, en baisse de 5% sur un an.

"Notre endettement va diminuer grâce à nos cash flows, à la maîtrise de nos investissements, à nos actions sur le besoin de fonds de roulement et à la poursuite de nos désinvestissements ciblés", a souligné Bruno Lafont en conférence téléphonique.

A la Bourse de Paris, l'action Lafarge signait la plus forte hausse du CAC 40 à 12h40, avec un gain de 6,9% à 49,96 euros tandis que l'indice cédait 0,14%.

"L'Ebitda est 5% au-dessus des attentes, avec de bonnes performances au Moyen-Orient et en Afrique malgré certaines inquiétudes", soulignent les analystes de Goldman Sachs dans une note à propos des comptes du quatrième trimestre.

"Les réductions de coûts sont non seulement revues à la hausse pour 2013 mais surtout le plan (d'économies) devrait être atteint avec un an d'avance", poursuivent-ils.

Bruno Lafont a également laissé entendre qu'il n'avait pas l'intention de s'arrêter à une dette de dix milliards d'euros puisqu'il vise toujours à terme un ratio cash flow/dette nette de 28-30%, contre 14,8% fin 2012 et un niveau de 20% le plus rapidement possible.

L'EUROPE EN BERNE

Sur l'ensemble de l'exercice 2012, le résultat net s'est en revanche contracté de 27% à 432 millions d'euros, principalement en raison d'une base de comparaison défavorable du fait de la plus-value enregistrée en 2011 sur la cession des actifs plâtre.

Hors éléments exceptionnels, le résultat net atteint 772 millions d'euros, en progression de 70%.

Le chiffre d'affaires, désormais réalisé à 59% sur les marchés émergents, a de son côté progressé de 3,5% à 15,82 milliards d'euros (+2% à change et périmètre constants).

D'après les données Thomson Reuters, les analystes attendaient en moyenne un bénéfice net de 667 millions d'euros et des revenus de 15,93 milliards.

Pour l'année en cours, Lafarge a dit anticiper "une demande de ciment en hausse" et une "croissance de ses marchés comprise entre 1% et 4%", tirée par les pays émergents.

"Nous allons pleinement profiter de notre portefeuille majoritairement tourné vers les pays émergents et qui est à 72% hors d'Europe", a souligné Bruno Lafont, ajoutant que l'inflation des coûts devrait être plus modérée qu'en 2012.

Le groupe s'attend pour 2013 à une hausse de 4% à 7% des volumes de ciment au Moyen-Orient et en Afrique, et de 3% à 6% en Asie et en Amérique du Nord, où la croissance sera soutenue par la reprise du logement aux Etats-Unis et par le boom du secteur de l'énergie au Canada.

Les volumes devraient en revanche stagner en Europe centrale et orientale et reculer de 5% à 9% en Europe occidentale.

Le groupe prévoit de verser un dividende d'un euro par action au titre de 2012, soit le double de l'année précédente.

Avec Elena Berton, édité par Dominique Rodriguez

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant