Lael Brainard et son appel à la prudence dopent Wall Street

le , mis à jour à 23:00
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LA CLÔTURE DES MARCHÉS AMÉRICAINS
LA CLÔTURE DES MARCHÉS AMÉRICAINS

par Yashaswini Swamynathan et Noel Randewich

NEW YORK (Reuters) - Wall Street a enregistré pour la première séance de la semaine sa plus forte hausse en deux mois, réagissant aux déclarations de divers responsables de la Réserve fédérale, et surtout du gouverneur Lael Brainard, qui semblent écarter le risque d'une remontée des taux d'intérêt dès la semaine prochaine.

Brainard, farouche partisane de la politique de taux ultra-bas de la banque centrale, a déclaré que cette dernière devait prendre garde à ne pas retirer le stimulant monétaire trop tôt en raison de faiblesses potentielles du marché du travail et des risques conjoncturels à l'étranger. "L'heure est à la prudence pour ce qui concerne le retrait du côté accommodant de la politique monétaire", a-t-elle dit.

Un peu auparavant, le président de la Fed d'Atlanta Dennis Lockhart et son collègue de la Fed de Minneapolis Neel Kashkari avaient estimé qu'il n'y avait pas d'urgence à relever les taux à une date particulière.

Leurs propos sont venus tempérer ceux prononcés la semaine dernière par le président de la Fed de Boston Eric Rosengren pour qui la Fed prendrait des risques si elle attendait trop longtemps pour resserrer sa politique monétaire.

L'indice Dow Jones a gagné 239,62 points (1,32%) à 18.325,07 points. Le S&P-500 a pris 31,23 points (1,47%) à 2.159,04 points. Le Nasdaq Composite a avancé de 85,98 points (1,68%) à 5.211,89 points.

Le Dow et le S&P ont enregistré leurs gains les plus élevés depuis début juillet, sans toutefois récupérer l'intégralité de leurs pertes de vendredi dernier, les plus lourdes depuis le référendum favorable au Brexit le 23 juin dernier en Grande-Bretagne.

Le S&P-500 se traite à un PER de près de 17, au-dessus de sa moyenne de 10 ans de 14, selon Thomson Reuters Datastream.

Des valorisations élevées sont un risque mais cela n'implique pas forcément que la Bourse se repliera sur le court terme, dit Brad McMillan (Commonwealth Financial). "C'est un peu comme l'hypertension; on aura sans doute une crise cardiaque un jour ou l'autre mais pas forcément tout de suite", a-t-il dit.

Les traders ont ramené de 24% vendredi à 15% la probabilité d'une hausse des taux ce mois-ci et de 59,2% à 54,5% celle de décembre, selon le baromètre FedWatch de CME Group.

Wall Street a aussi tiré parti de la hausse de 2,24% d'Apple, après deux séances dans le rouge d'affilée.

Le distributeur Wal-Mart a gagné 2,33%, après que le courtier Cowen & Co eut relevé sa recommandation de performance en ligne à surperformer.

Le laboratoire Perrigo a avancé de 7,34%, réagissant au fait que l'investisseur activiste Starboard Value a révélé son entrée au capital.

Le volume a été de quelque 7,8 milliards de titres échangés, bien au-dessus de la moyenne quotidienne de 6,3 milliards des 20 dernières séances, selon des données de Thomson Reuters.

Sur le marché des changes, le dollar a très mal accueilli les déclarations de Lael Brainard, tombant à un plus bas de 94,935 face à un panier de devises de référence avant de récupérer une partie du terrain perdu, cédant en dernier lieu 0,21% à 95,14.

"(Brainard) n'est que l'un des membres du Fomc (le comité de politique monétaire de la Fed) mais c'est un membre influent", a dit Richard Franulovich (Westpac Banking Corporation).

Enfin, la courbe des rendements du marché des Treasuries est la plus marquée depuis le 5 août, là encore une conséquence des propos de Brainard.

L'écart de rendement entre le papier à 5 ans et le 30 ans s'est creusé à 119 points de base (pdb). Il était de 102 pdb le 30 août.

(Avec Sam Forgione et Karen Brettell, Wilfrid Exbrayat pour le service français)


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