Labrune et Marseille, c'est bientôt fini

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Comme absent à Louis-II dimanche lors de la défaite de Marseille à Monaco, Vincent Labrune a porté sur lui la fatigue d’une semaine mouvementée à l’OM. Le président marseillais, qui vit ses derniers mois à la tête du club, n’y a déjà plus vraiment la tête.

Les yeux étaient plus petits qu’à l’accoutumée, le regard fixait l’horizon sans vraiment savoir ce qu’il y cherchait. Pour sa première apparition publique depuis son désormais fameux tournoi de billard dans les couloirs du Vélodrome, dans la foulée d’un nul contre Bordeaux (0-0) qui avait fait grimper la tension d’un cran au moins chez les supporters de l’OM, Vincent Labrune a semblé porter sur lui toute la misère du monde à Monaco, dimanche soir. Il faut relativiser, ce n’est que du football, mais il est incontestable que le président du club marseillais traverse la période la plus compliquée depuis son arrivée aux commandes en 2011. Le poids d’une semaine chargée dans l’environnement marseillais pesait lourd sur ses épaules et ça se voyait.

Trahi par Michel, frustré par ses joueurs

Ça se sentait aussi, La Provence révélant que Labrune a salué rapidement ses joueurs dimanche avant le match contre l’ASM (2-1) avant de monter dans les loges de Louis-II comme pour mieux s’y réfugier. Il n’avait pourtant rien à craindre des fans marseillais, ils étaient interdits de déplacement en Principauté. Mais Labrune paraissait avoir la tête ailleurs. Le ressort s’est cassé et il sera bien difficile derenouer le fil avec son club de cœur. « Nous avons une sensation de tristesse, d'abandon », a soufflé Michel après la défaite de l’OM en clôture de la 34eme journée de L1. Les mots de l’entraîneur marseillais collent à merveille avec l’état d’esprit du moment de Labrune. Ce dernier se sent trahi par un coach qu’il a imposé pour succéder à l’emblématique Marcelo Bielsa, que le Vélodrome n’a pas oublié et qui a laissé une équipe orpheline de sa grinta. Elle n’a plus rien à offrir et son président se frustre devant la succession de prestations indigentes.

Un accord avec MLD

Qu’il semble loin le « projet Dortmund » que Labrune avait vendu à l’été 2013, comme de la poudre aux yeux en misant sur le long terme pour mieux masquer les carences de l’OM. Au moment où ce proche de longue date de la famille Louis-Freyfus a pris la présidence à la demande de Margarita, Marseille restait sur cinq podiums consécutifs en L1. Il quittera le club avec une deuxième place en 2012-13 pour seul fait d’armes sportif. Parce que son départ est acté. Il pourrait être poussé rapidement vers la sortie par la venue d’un investisseur pour racheter le club. Mais si personne ne vient au chevet de l’OM, Labrune s’en ira de lui-même cet été. C’est l’accord qu’il a passé avec MLD dans la foulée du fiasco contre Bordeaux, selon les informations de RMC Sport, histoire de se libérer d’une position devenue intenable au fil des mois.

Un cauchemar d'un bout à l'autre

Jamais réellement adopté par le « peuple marseillais », la faute à son étiquette de Parisien (même s’il est né à Orléans), Labrune a vécu une saison cauchemardesque d’un bout à l’autre pour finir par toucher le fond avec son équipe. Du départ précipité de Bielsa au soir de la première journée à une reprise en main autoritaire de la gestion des abonnements dans les virages marseillais, quitte à se mettre à dos les supporters les plus influents du Vélodrome, en passant par une communication parfois étonnante pour un homme issu de ce milieu, il n’avait que les résultats pour défendre son bilan. Et comme ils sont les plus mauvais pour l’OM depuis quinze ans, Labrune s’est retrouvé dans une situation inextricable. Elle ne pouvait que mener à son départ, qui ne devrait plus tarder à être effectif. Mais ça, ce n’est plus vraiment son problème.
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