La zone euro songe à racheter pour 40 milliards de dette grecque

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VERS UN RACHAT DE 40 MILLIARDS D'EUROS DE DETTE GRECQUE ?
VERS UN RACHAT DE 40 MILLIARDS D'EUROS DE DETTE GRECQUE ?

par Robin Emmott

BRUXELLES (Reuters) - Les ministres des Finances de la zone euro discutent d'un plan visant à permettre à la Grèce de racheter pour 40 milliards d'euros de dette, parmi plusieurs mesures envisagées pour ramener le ratio d'endettement de la République hellénique à 120% de son produit intérieur brut d'ici 2020, a-t-on appris de source proche des négociations.

De source proche des préparatifs de la réunion des ministres, on estime que l'Eurogroupe devrait par ailleurs donner son "accord politique de principe" sur le déblocage de prêts à Athènes, puisque la Grèce a achevé la plupart des réformes qui lui étaient demandées en échange de ces financements.

"La Grèce a fait ce qu'il fallait", a assuré à la presse Jean-Claude Juncker, le président de l'Eurogroupe, avant la réunion ministérielle, tout en se disant "pas tout à fait sûr" de la conclusion d'un accord dans la soirée.

De son côté, Pierre Moscovici, le ministre français de l'Economie avait déclaré avant de quitter Paris: "J'espère, je crois, je souhaite que nous ayions une solution ce soir".

Selon l'une des propositions mises sur la table, la Grèce pourrait offrir, avec l'aval de ses partenaires de la zone euro, de racheter pour 40 milliards d'euros de dettes avec un taux de 0,30 euro pour chaque euro de dette détenu.

Les ministres de la zone euro, qui ne sont pas parvenus à trouver un terrain d'entente la semaine dernière, ont également évoqué l'octroi d'un moratoire à la Grèce sur le paiement des intérêts sur environ 130 milliards d'euros de prêts consentis par le Fonds européen de stabilité financière. Cela permettrait à Athènes d'économiser environ 40 milliards d'euros sur une décennie, a dit un responsable de la zone euro.

UNE MARGE GAMME D'OPTIONS

Une autre solution a été évoquée, celle de ramener à 0,25%, contre 1,50%, les taux d'intérêt sur les prêts directs accordés à Athènes en 2010. Selon le responsables, Berlin s'oppose à cette éventualité.

La large gamme d'options évoquées mardi montre la détermination de la zone euro pour trouver une solution alors que la question de la dette grecque traîne depuis maintenant trois ans.

La Grèce a obtenu en février un second plan de sauvetage sous le houlette de la "troïka" formée par la Commission européenne, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque centrale européenne (BCE). Mais depuis, deux scrutins législatifs et la dégradation de la situation économique ont perturbé la mise en oeuvre des réformes et l'assainissement des finances publiques, ce qui a conduit en juin à un gel de l'aide prévue.

Pour que les versements reprennent, la Grèce a dû donner des gages de sa détermination à mettre en oeuvre une série de réformes économiques précises. Ce qu'elle a fait.

Mais la zone euro et le FMI veulent aussi s'assurer que la dette grecque, qui devrait représenter l'an prochain près de 190% de son produit intérieur brut (PIB), finira bien par tomber à un niveau jugé plus raisonnable, soit 120% du PIB, histoire pour ses bailleurs de fonds de ne pas avoir à financer le pays éternellement.

Or, le FMI et la zone euro divergent sur la date à laquelle la Grèce devrait parvenir à cet objectif - 2020 comme prévu d'abord, ou 2022 - car ils sont partagés entre la nécessité de conserver la confiance des marchés et celle de permettre à l'économie grecque de reprendre son souffle.

RÉDUIRE ENCORE LA DETTE

La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, participe à la réunion de mardi, comme à celle de la semaine dernière, lors de laquelle elle avait clairement exprimé son désaccord avec l'Eurogroupe sur ce point.

Autre question que devront résoudre les ministres des Finances de la zone euro : comment réduire la dette d'un pays dont l'économie sera en contraction pour la sixième année de suite en 2013 ?

Une fois un accord trouvé, les propositions sur la façon de réduire la dette grecque et de fournir un financement supplémentaire pourront être envoyés aux parlements nationaux pour approbation. Cette étape devrait être achevée pour le 30 novembre.

Cela donnera à Athènes le temps d'achever ses dernières réformes prévues. Les bailleurs de fonds internationaux vérifieront si les dernières réformes sont en place le 28 novembre et les ministres des Finances de la zone euro donneront leur accord définitif sur la prochaine tranche d'aide à Athènes le 3 décembre, selon le calendrier consulté par Reuters.

La Grèce et la Commission européenne signeront alors une convention internationale révisée le 4 décembre et la Grèce recevra les fonds le 5 décembre, toujours selon le calendrier.

N'ayant pas reçu deux tranches d'aide en raison de la suspension du programme, la Grèce pourrait recevoir un total de 44 milliards d'euros si la tranche de décembre est payée en même temps que les deux autres en suspens.

Avec Michelle Martin et Madeline Chambers à Berlin, Jussi Rosendahl à Helsinki, Leigh Thomas à Paris, Danielle Rouquié et Marc Angrand pour le service français, édité par Catherine Monin

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