La zone euro semble avoir passé le cap de la reprise

le
0
LA ZONE EURO SEMBLE AVOIR PASSÉ LE CAP DE LA REPRISE
LA ZONE EURO SEMBLE AVOIR PASSÉ LE CAP DE LA REPRISE

par Sumanta Dey

(Reuters) - L'amélioration récente de certains des principaux indicateurs économiques de la zone euro marque un tournant important, estiment les économistes interrogés ces derniers jours par Reuters, qui estiment toutefois encore à un quart la probabilité d'une sortie de la Grèce de la zone euro.

Ces dernières semaines, les chiffres du produit intérieur brut, ceux des ventes au détail ou encore les indices de confiance des directeurs d'achats (PMI) ont dépassé les attentes, excédant même pour certains les prévisions les plus optimistes.

Cette embellie conjoncturelle et la perspective d'une remontée d'ici la fin de l'année du taux d'inflation, actuellement négatif, devraient rassurer la Banque centrale européenne (BCE), qui vient de commencer à mettre en oeuvre son plan d'assouplissement quantitatif (QE).

"(Il est) trop tôt pour être absolument certain mais les signaux sont plus positifs, grâce à la faiblesse de l'euro, à la baisse du prix du pétrole et à l'assouplissement quantitatif", explique Hann-Ju Ho, économiste de Lloyds Banking Group.

L'enquête réalisée cette semaine auprès d'un peu moins de 70 économistes montre que la croissance dans la zone euro devrait atteindre 1,3% cette année, légèrement moins donc que la dernière prévision de la BCE, revue en hausse à 1,5%. Les prix à la consommation devraient quant à eux augmenter de nouveau à partir du quatrième trimestre.

Dix-neuf économistes sur les 31 ayant répondu sur ce point ont dit juger qu'il était déjà efficace.

LE RISQUE GREC PERSISTE

Mais si les économistes sont plus optimistes, certains doutent encore de la pérennité de la reprise. Car pour l'instant, le QE n'a eu d'impact tangible que sur la valeur de l'euro, les rendements obligataires et les marchés actions.

Pour permettre un redressement durable de la croissance en zone euro et la fin de la baisse des prix, encore faut-il que les achats de dette souveraine réalisés par la BCE au rythme de 60 milliards d'euros par mois favorisent réellement le crédit aux entreprises et aux ménages.

Or celui-ci a encore diminué de 0,1% en janvier selon les statistiques de la banque centrale, un recul certes plus lent que celui des mois précédents mais qui montre que la BCE est encore loin d'avoir atteint son objectif.

Le taux de chômage dans la zone euro, lui, est encore près de deux fois supérieur à celui des Etats-Unis.

Par ailleurs, le risque de voir la Grèce sortir de la zone euro, ce qui pourrait pénaliser toute la région, demeure réel. Les économistes estiment cette probabilité à près de 25%, sans changement par rapport au mois dernier.

"Le climat politique à Athènes pourrait bien jouer en faveur d'une sortie volontaire s'il apparaît que les négociations font peu de progrès, et une sortie dans le désordre semble probable", dit Tom Rogers, économiste d'Oxford Economics.

(Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant