La zone euro se surestime après la crise chypriote, juge Moody's

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MOODY'S CRITIQUE LA GESTION DE LA CRISE CHYPRIOTE PAR LA ZONE EURO
MOODY'S CRITIQUE LA GESTION DE LA CRISE CHYPRIOTE PAR LA ZONE EURO

LONDRES (Reuters) - La gestion confuse du dossier chypriote accroît la pression sur les pays de la zone euro menacés d'une dégradation de leur note souveraine et prouve que les dirigeants de la région surestiment leur capacité à contenir la crise, juge l'agence Moody's.

L'accord de renflouement de Chypre conclu lundi matin à Bruxelles a enfreint un quasi-tabou en imposant une contribution des gros déposants bancaires. Cette mesure inédite fait craindre une inflexion de la politique de la zone euro en matière de gestion des crises souveraines et bancaires.

"Les décideurs politiques semblent très confiants dans le fait que la situation des marchés est assez bénigne et qu'ils disposent des outils permettant d'éviter une contagion à d'autres économies périphériques et à leur système bancaire", a déclaré à Reuters Bart Oosterveld, directeur du risque souverain de Moody's.

"Nous pensons que cette confiance pourrait être malvenue."

Bart Oosterveld, qui s'exprimait aux côtés de deux autres analystes spécialisés de Moody's, s'est refusé à dire si l'Italie et l'Espagne, dont les notes respectives Baa2 et Baa3 sont assorties d'une perspective négative, étaient particulièrement vulnérables à une nouvelle dégradation après les derniers développements du dossier chypriote.

Mais Moody's juge que Chypre reste menacé d'une "période prolongée" de défaut, voire d'une sortie de la zone euro.

Dietmar Hornung, responsable du suivi de l'Italie pour l'agence, a déclaré que le contexte de la zone euro et la situation politique spécifique à la péninsule pesaient sur les perspectives de croissance, ce qui pourrait avoir un impact sur la note de Rome à l'avenir.

DU MIEUX EN ESPAGNE, DES DOUTES EN FRANCE

"La situation de Chypre et son impact sur les souverains de la zone euro sont négatifs et l'Italie ne fait pas exception", a-t-il dit, précisant que la cohésion sociale et la santé des banques italiennes joueraient aussi un rôle important.

Les élections de la fin février n'ont pas permis de constituer une majorité parlementaire en Italie. Pier Luigi Bersani, le chef de file de la coalition de centre-gauche arrivée en tête, doit rencontrer les représentants des autres partis pour tenter de former un gouvernement.

"A court terme, nous suivons évidemment la tentative de Bersani de former un gouvernement et ses implications pour le profil de crédit", a dit Dietmar Hornung.

Moody's est moins préoccupée par l'Espagne, constatant que Madrid se finance aisément sur les marchés depuis que la BCE s'est engagée à acheter des obligations des pays en difficulté si nécessaire, et que la situation budgétaire s'améliore.

"Même si les marchés disent beaucoup que l'Espagne sera le premier à solliciter le programme OMT (d'achats d'obligations de la BCE), au bout du compte, elle n'en a pas eu besoin et conserve l'accès au marché", a dit Bart Oosterveld.

Prié de dire si ce constat pouvait faire évoluer la perspective de la note espagnole de négative à stable, il a répondu :

"Comme pour tout autre pays de la zone euro, la perspective stable de la note Baa3 de l'Espagne est justifiée par une combinaison de facteurs spécifiques à l'Espagne et touchant à l'ensemble de la zone euro (...) Nous sommes à l'aise avec nos notes et perspectives actuelles."

Le tableau est moins net pour la France, que Moody's a privée de son "triple A" l'an dernier. L'agence pourrait récidiver.

"Il est certain qu'elle évolue dans la bonne direction", a dit Dietmar Hornung. "Ceci dit, à la fois en termes de solidité économique et de solidité des finances publiques, le redressement n'est pas encore terminé."

Ana Nicolaci et Marc Jones, Marc Angrand pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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  • TL70190 le mercredi 27 mar 2013 à 10:53

    dratiser : tout a fait d'accord , il ne devrait plus apparaitre dans uncun media et prendre les condamnations qui s'imposent depuis le debut ! honteux , deplorable , pauvre Europe !

  • dratiser le mercredi 27 mar 2013 à 10:45

    et ils donnent des leçons ces bksters ....eux qui ont mis le monde en vrac avec leur soi disantproduits structures subprimes et autres filouteries que n'ont ils rien dit AVANT par exemple sur la greceque GS conseillait , ou les subrpimes qu'ils disaient sans risques

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