La zone euro retombe en déflation, pression accrue sur la BCE

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    * Graphique inflation en zone euro: http://link.reuters.com/kuj24s 
    * L'inflation en zone euro à -0,2% en février (consensus à 
zéro) 
    * L'inflation de base également en baisse à +0,8% 
    * Graphique bilans banques centrales/PIB: http://reut.rs/1Th9HYJ 
    * Graphique indices de confiance: http://link.reuters.com/bas36s 
 
 (Actualisé avec précisions, contexte, réaction des marchés) 
    par Francesco Guarascio et Balazs Koranyi 
    BRUXELLES, 29 février (Reuters) - L'inflation dans la zone 
euro a baissé plus vite que prévu en février pour retomber en 
territoire négatif, montre lundi la première estimation 
d'Eurostat, qui devrait renforcer la pression en faveur d'un 
nouvel assouplissement de la politique monétaire de la Banque 
centrale européenne (BCE) la semaine prochaine. 
    Les prix à la consommation ont baissé de 0,2% en rythme 
annuel dans les 19 pays de la zone euro, après avoir progressé 
de 0,3% en janvier, a précisé l'office statistique de l'Union 
européenne. Il s'agit de la première inflation négative depuis 
le mois de septembre, lorsque le taux était tombé à -0,1%.  
    Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en 
moyenne un taux d'inflation à zéro sur un an. 
    Associée à la faiblesse de la confiance et de l'activité, 
cette mauvaise surprise sur le plan de l'inflation suggère que 
la timide croissance dans la zone euro ralentit encore, 
renforçant la nécessité de mesures de soutien pour relancer la 
croissance. 
    "La déflation serait un désastre pour la zone euro car elle 
augmenterait le poids déjà élevé de la dette", dit l'économiste 
de Nordea, Holger Sandte. "C'est pourquoi la BCE va continuer à 
assouplir de façon significative sa politique monétaire."  
    "Mais quelle que soit la décision de la BCE à sa réunion du 
10 mars, l'inflation devrait stagner autour de zéro dans les 
prochains mois avant de repartir à la hausse -- à condition que 
les prix du pétrole se comportent bien", ajoute-t-il. 
    L'euro  EUR=  est tombé à un creux de quatre semaines, de 
1,0896 dollar, et le taux de rendement du Bund allemand à 10 ans 
 DE10YT=TWEB , l'obligation de référence en Europe, à un plus 
bas de dix mois après la publication de l'estimation rapide 
d'Eurostat. 
     
    EFFET D'ENTRAÎNEMENT DU PÉTROLE 
    Plus alarmant encore, l'inflation de base, hors énergie et 
produits alimentaires frais, un indicateur suivi de près par la 
BCE, a également baissé plus rapidement que prévu, à +0,8% après 
+1,0% en janvier. 
    Cela semble montrer que la baisse du coût de l'énergie se 
répercute sur les prix des autres biens et sur ceux des 
services, créant un effet d'entrainement qui pourrait prolonger 
la phase d'inflation faible et plonger la zone dans une 
déflation durable.  
    Le consensus Reuters prévoyait un taux de +0,9% pour cette 
mesure de l'inflation. 
    De fait, le gouverneur de la Banque de France Villeroy de 
Galhau a averti dimanche que la BCE pourrait injecter plus de 
liquidités dans le système financier de la zone euro, expliquant 
que la faiblesse des cours du pétrole risquait d'avoir un impact 
négatif à long terme sur les économies de la région.  
    Les prix de l'énergie ont diminué de 8,0% sur un an en 
février, leur plus net repli depuis le mois d'octobre, nettement 
supérieur à la baisse de 5,4% enregistrée au mois de janvier.    
    Les prix des produits alimentaires, de l'alcool et du tabac 
ont augmenté de 0,7% après 1,0% en janvier. La décélération du 
mouvement de hausse de ce sous-indice a commencé en novembre.   
    Le sentiment économique en zone euro s'est encore détérioré 
en février, selon les données de la Commission européenne 
publiées la semaine dernière, avec une confiance du consommateur 
en baisse, ce qui augure mal des futures dépenses des ménages. 
    Les ministres des Finances du G20 réunis à Shanghai vendredi 
et samedi ont convenu d'utiliser "tous les instruments de 
politique" -- monétaires, budgétaires et structurels -- 
individuellement et collectivement" pour sortir l'économie 
mondiale de sa torpeur, sans pour autant annoncer de mesures 
concrètes.   
    Tous ces éléments plaident en faveur de nouvelles mesures de 
la BCE, qui réunit son conseil des gouverneurs le 10 mars. 
    "Les données en matière d'inflation exercent une pression 
supplémentaire sur eux pour faire quelque chose. 
Malheureusement, le nombre d'instruments disponibles n'augmente 
pas", note David Kohl, économiste chez Julius Baer. 
    "La BCE peut-elle y faire quelque chose? Pas trop ou en tout 
cas probablement pas", ajoute-t-il, en référence à l'éventail 
limité d'instruments encore à la disposition de la BCE, après la 
baisse des taux en territoire négatif et le programme massif de 
rachats d'actifs pour injecter des liquidités dans l'économie. 
    Selon les économistes, la BCE devrait abaisser de 10 points 
de base son taux de dépôt, à -0,4%, lors de sa prochaine réunion 
et élargir son programme de rachat d'actifs actuellement qui 
porte actuellement sur 60 milliards d'euros par mois. Elle a 
déjà annoncé qu'elle abaisserait ses prévisions d'inflation. 
 
 (Juliette Rouillon pour le service français, édité par 
Véronique Tison) 
 

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