La zone euro financera la Grèce jusqu'au prochain gouvernement

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La zone euro financera la Grèce jusqu'au prochain gouvernement
La zone euro financera la Grèce jusqu'au prochain gouvernement

BRUXELLES (Reuters) - Les pays de la zone euro sont disposés à financer la Grèce jusqu'à ce qu'un nouveau gouvernement soit formé, qu'il soit le produit des élections de dimanche dernier ou d'élections qui pourraient se tenir le mois prochain, ont déclaré jeudi des responsables de la zone euro.

"J'attends une annonce sur de nouvelles élections en Grèce dimanche au plus tard", a dit l'un d'eux.

Le chef de la file de la Gauche démocratique, qui a obtenu un peu plus de 6% des voix aux législatives grecques de dimanche, s'est toutefois dit prêt à participer à une grande coalition favorable au maintien dans la zone euro mais pas aux conditions des plans de sauvetage.

"Je propose la formation d'un gouvernement d'union qui respecte la volonté du peuple", a déclaré Fotis Kouvelis, à l'issue d'un entretien avec Evangelos Venizelos, son homologue du Parti socialiste, que le président Karolos Papoulias a chargé de former un gouvernement après les échecs de la droite et de la gauche radicale.

"D'après ce que je sais, un deuxième scrutin pourrait être organisé en Grèce d'ici la mi-juin. Nous avons les moyens de soutenir la Grèce jusqu'à la fin juin", a dit un second responsable européen.

"Nous apporterons suffisamment de fonds à la Grèce pour qu'elle reste à flot jusqu'à une décision politique claire", a dit le premier responsable de la zone euro.

Il s'agit, a-t-il poursuivi, "de donner assez d'argent pour rester à flot et ne pas déclencher un nouveau chaos si les gens ne sont pas payés; mais il s'agit aussi de s'en tenir au strict minimum pour décourager les partis qui disent 'Nous pouvons faire ce que nous voulons, ils nous sauveront parce que l'Union européenne y a tout intérêt'".

Le Fonds européen de stabilité financière (FESF) a convenu mercredi de verser immédiatement 4,2 milliards d'euros à partir d'une tranche d'aide de 5,2 milliards destinée à Athènes.

L'Union européenne est à présent le principal créancier de la Grèce et si celle-ci fait défaut, ce seront les contribuables de la zone euro qui en seront affectés.

"Je crois que, dans le fond, nous avons tous déjà accepté le fait qu'on ne récupèrerait par la totalité", a encore dit le premier responsable, laissant entendre qu'il se pourrait, ultérieurement, qu'il soit nécessaire de déprécier la valeur des créances souveraines sur la Grèce.

Jan Strupczewski, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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