La zone euro donne son feu vert au plan d'aide à la Grèce

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* L'Eurogroupe valide le plan de renflouement * Jusqu'à 86 milliards d'euros sur trois ans * Dix milliards pour recapitaliser les banques * Tsipras fait face à la fronde au sein de son parti (Actualisé après la réunion de l'Eurogroupe) par Alastair Macdonald et Lefteris Papadimas BRUXELLES/ATHENES, 14 août (Reuters) - Les ministres des Finances de la zone euro ont donné vendredi leur feu vert à un plan d'aide à la Grèce de jusqu'à 86 milliards d'euros sur trois ans. Après six heures de discussions à Bruxelles, l'Eurogroupe a validé comme prévu le protocole d'accord établi entre le gouvernement grec et ses créanciers internationaux, que le parlement grec avait précédemment ratifié. Sous réserve d'approbation la semaine prochaine par le parlement allemand et quelques autres assemblées européennes, le Mécanisme européen de stabilité (MES) devrait approuver mercredi un première tranche de 26 milliards d'euros. Athènes disposera dès jeudi de 13 milliards d'euros dans ses caisses pour honorer des remboursements pressants, notamment un versement de 3,2 milliards d'euros dû à la Banque centrale européenne (BCE). Cette première tranche comprend une somme de 190 milliards d'euros destinée à recapitaliser les banques grecques, qui ont souffert en raison des difficultés économiques que traverse le pays et des mesures de contrôle des capitaux imposées en juin dernier. François Hollande a salué dans un communiqué un accord qui constitue, selon lui, la "preuve que l'Europe est capable d'avancer sur la base de principes de solidarité et de responsabilité". L'Elysée estime qu'il s'agit d'une "étape décisive" qui a pu être "atteinte grâce à la détermination du gouvernement d'Alexis Tsipras qui s'est engagé sur la voie de réformes courageuses". ID:nL5N10P4LK Le ministre français des Finances Michel Sapin, a estimé pour sa part que cet accord constituait "un succès pour la Grèce et pour l'Europe". Certaines questions restent cependant à régler, notamment l'aménagement de la dette grecque réclamé aux Européens par le Fonds monétaire international en complément des réformes qu'Athènes s'est engagé à mener. TSIPRAS FACE AUX FRONDEURS En Grèce, Alexis Tsipras avait auparavant surmonté, au moins provisoirement, les divisions de plus en plus marquées de son parti Syriza, en faisant adopter le plan d'aide par les députés. Le scrutin a été retardé par la prolongation pendant la majeure partie de la nuit des débats à la Vouli, certains élus multipliant les recours de procédure. Grâce au soutien des partis d'opposition favorables au maintien de la Grèce dans la zone euro, Alexis Tsipras est parvenu sans difficulté à franchir le seuil des 151 voix nécessaires pour assurer l'adoption du texte, recueillant un total de 222 voix sur 300. Mais 43 parlementaires, soit près d'un tiers du groupe Syriza, ont voté contre ou se sont abstenus, alors qu'ils n'étaient qu'une trentaine lors d'un vote important sur les mesures de réforme le mois dernier. Alexis Tsipras sollicitera la confiance de la Vouli une fois que la Grèce aura remboursé l'échéance de 3,2 milliards d'euros à BCE, jeudi prochain, a déclaré un responsable gouvernemental. Ce nouveau scrutin pourrait être bien plus délicat pour le Premier ministre: Mikis Voridis, élu de Nouvelle Démocratie, le principal mouvement d'opposition, a déclaré que son parti ne voterait pas la confiance au gouvernement. Certains des élus rebelles de Syriza pourraient néanmoins maintenir leur confiance à Alexis Tsipras et ce dernier pourrait bénéficier du soutien d'élus du parti centriste Potami ou du Pasok, le parti socialiste grec. "Je ne regrette pas ma décision d'avoir conclu un compromis", a dit Alexis Tsipras. "Nous n'exultons pas mais nous ne nous lamentons pas non plus après cet accord difficile. J'ai la conscience tranquille en sachant qu'il s'agit du meilleur que nous pouvions conclure au vu de l'équilibre actuel des pouvoirs en Europe et de la situation d'asphyxie économique et financière qui nous est imposée." L'Allemagne, premier pays contributeur à l'aide financière à Athènes, reste sceptique sur la capacité de la Grèce à réformer son économie et son système politique, et donc réticente à donner son aval au plan d'aide. Du point de vue de la politique intérieure grecque, avant même le vote de vendredi matin, les débats ont illustré l'ampleur des divisions au sein de Syriza. Le chef de file de sa branche la plus radicale, l'ex-ministre de l'Energie Panagiotis Lafazanis, a ainsi appelé jeudi à la création d'un nouveau "mouvement" opposé au plan d'aide, menaçant implicitement de faire éclater le parti. Les "frondeurs" de Syriza estiment que le gouvernement doit s'en tenir aux promesses grâce auxquelles il est parvenu au pouvoir fin janvier, à savoir la remise en cause des coupes dans les dépenses et des hausses d'impôts et de taxes qui ont eu un effet dévastateur sur l'économie ces dernières années. (Marc Angrand et Patrick Vignal pour le service français)

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