La zone euro demande des gages à Athènes pour restaurer la confiance

le , mis à jour à 18:53
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* Sommet de la zone euro à Bruxelles après un Eurogroupe difficile * La crédibilité du gouvernement grec en doute * Le plan d'aide conditionné au vote de réformes (Actualisé avec le début du sommet de la zone euro) par Julien Ponthus et Renee Maltezou BRUXELLES, 12 juillet (Reuters) - Les partenaires européens de la Grèce ont demandé dimanche des gages à Athènes pour restaurer une confiance brisée par des années de promesses non tenues, un préalable à un nouveau plan de sauvetage indispensable pour éviter un "Grexit". Les ministres des Finances de la zone euro, réunis à Bruxelles depuis samedi, ont transmis un projet de communiqué aux chefs d'Etat et gouvernement arrivés dimanche à Bruxelles. Ces derniers ont pris le relais et doivent se pencher sur cet texte qui énumère des conditions pour engager avec Athènes des négociations pour un troisième plan d'aide. "Il y a une très bonne proposition sur la table (...) mais qui a une conditionnalité élevée, sur trois points", a dit le ministre finlandais, Alexander Stubb. Des lois doivent être adoptées d'ici le 15 juillet, par exemple sur la hausse de la TVA et les retraites, une réforme du marché du travail doit être mise en oeuvre et le programme de privatisation doit être renforcé, a-t-il dit. "Ce paquet de mesures devra être approuvé par le gouvernement grec et par le Parlement grec, et alors on pourra regarder (pour ouvrir des négociations sur un plan d'aide)", a ajouté Alexander Stubb, dont le pays est très réticent. Le président de l'Eurogroupe, le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem, s'est félicité des progrès accomplis. "Nous avons fait un long chemin mais il reste quelques problèmes importants à régler, ce sera aux chefs de gouvernement de décider", a-t-il dit à l'issue d'une réunion de l'Eurogroupe qui a donné lieu à des échanges très tendus. ID:nL5N0ZS0NN "A FLEUR DE PEAU" Le Premier ministre grec Alexis Tsipras est arrivé à Bruxelles avec un message volontariste, même si de nombreux Grecs estiment que l'on cherche à les humilier. ID:nL5N0ZS0Q2 "Nous pouvons parvenir à un accord ce soir si toutes les parties le veulent", a-t-il déclaré. Fidèle à son positionnement de "sauveur" de l'unité de la zone euro, François Hollande a abondé dans le même sens. "La France va tout faire pour trouver un accord ce soir permettant à la Grèce, si les conditions sont remplies, de rester dans l'euro", a dit le président dont la relation avec Angela Merkel a été mise à rude épreuve ces dernières semaines. Mais la chancelière a insisté à son arrivée à Bruxelles sur le fait que rien n'était fait et que les nerfs des négociateurs étaient "à fleur de peau", insistant, comme la plupart des dirigeants, sur le manque de "confiance" vis-à-vis d'Athènes. "Ce soir, nous verrons si les conditions sont réunies pour le lancement de négociations sur un programme d'aide du MES (Mécanisme européen de stabilité) pour la Grèce. C'est cela le sujet, rien de plus et rien de moins. Est-ce qu'on réussira ou pas, il faudra voir", a-t-elle déclaré à la presse. L'approbation samedi par le parlement grec d'un programme de réformes proche de celui proposé par les créanciers et rejeté par référendum en Grèce n'a pas suffi à rassurer le groupe dit des "faucons", qui est puissant dans la zone euro. Ces propositions étaient jugées insuffisantes par des pays comme l'Allemagne ou la Finlande, même si la France ainsi que les experts des "institutions" - Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international - leur ont donné un premier avis favorable vendredi. "GREXIT" PROVISOIRE ? Le gouvernement allemand a ainsi fait circuler un document évoquant le scénario d'un "Grexit" provisoire de cinq ans si la Grèce ne respecte par ses promesses. Afin d'apaiser leurs craintes, l'Eurogroupe a travaillé à la rédaction d'un communiqué détaillant de nouvelles mesures, notamment de libéralisation de l'économie, qui s'ajouteraient au plan de réformes présenté par le gouvernement d'Alexis Tsipras, sans toutefois parvenir à un accord complet. Outre ces réformes, la Grèce pourrait aussi être contrainte d'accepter de transférer 50 milliards d'euros d'actifs publics dans un fonds de garantie. Une partie des dirigeants européens redoutent qu'après l'obtention des fonds, le gouvernement grec n'interrompe la mise en oeuvre des privatisations et des réformes promises à ses créanciers, comme celle des retraites ou de la fiscalité. De nombreuses questions restent par ailleurs en suspens, comme le montant de l'aide dont la Grèce aura besoin pour faire la jonction entre ses besoins financiers immédiats et l'adoption du nouveau plan, qui prendra au moins quelques semaines. La question du rééchelonnement d'une partie de la dette grecque, qui représente 175% de son PIB, est aussi posée. L'aménagement de la dette grecque suscite de fortes réticences dans certains pays comme l'Allemagne mais constitue le principal argument d'Alexis Tsipras pour faire accepter par ses compatriotes les nouvelles mesures d'austérité. La Grèce a déjà obtenu deux plans d'aide d'un montant total de 240 milliards d'euros de la zone euro et du FMI, mais son économie a perdu 25% de son PIB depuis le début de la crise et le chômage s'élève à un quart de la population active. La Grèce a déjà fait défaut sur des remboursements au FMI et risque la faillite si Athènes ne rembourse pas 3,5 milliards d'euros à Athènes le 20 juillet. (Avec le bureau de Bruxelles, édité par Yves Clarisse)

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  • M1589075 le dimanche 12 juil 2015 à 19:51

    Sur la dette soyons serieux1 les Grecs ont depense librement l'argent ils doivent rembourser car ils sont responsables de ces depenses2 le Pib grec est beaucoup plus eleve car 35% de l économie est souterraine il faut integrer cette economie au noir et la dette descend a100% donc au niveau de la France donc pas d échelonnement3 il faut garder le principe que si il y argent public la dette doit etre remboursée sinon je demande quil ny ait plus de pret dargent public

  • 445566ZM le dimanche 12 juil 2015 à 19:30

    Les grecs tiennent à conserver les principes de leur societè archaïque: sans impôts, mais avec des subventions européennes, toujours nécessaires et bienvenues. Pourtant ils doivent se prendre en charge, les autres pays ne veulent plus s'endetter pour aider les grecs devenus arrogants.

  • M999141 le dimanche 12 juil 2015 à 19:11

    Il n'ont pas déjà dit non aux réformes par referendum? on croit rêver.

  • M7361806 le dimanche 12 juil 2015 à 19:08

    Pour ce faire , il faudrait que le gui-niol retourne au casino

  • M7361806 le dimanche 12 juil 2015 à 12:27

    Le peuple GRECS a voté pour rien !

  • M7361806 le dimanche 12 juil 2015 à 12:25

    Comment faire confiance a TISPRAS qui n'a aucune parole !

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