La zone euro cherche une solution intermédiaire pour ses Fonds

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LA ZONE EURO CHERCHE UNE SOLUTION INTERMÉDIAIRE POUR SES FONDS
LA ZONE EURO CHERCHE UNE SOLUTION INTERMÉDIAIRE POUR SES FONDS

par Robin Emmott

BRUXELLES (Reuters) - Les ministres des Finances de la zone euro devraient s'accorder la semaine prochaine pour limiter à 700 milliards d'euros le montant total des mécanismes de soutien à la zone euro, une somme inférieure aux quelque 940 milliards souhaités par la Commission européenne.

Olli Rehn, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, plaide ainsi pour que les filets de sécurité entourant la zone euro soient en mesure d'amortir les chocs que provoquerait un scénario à la grecque en Espagne ou en Italie.

Mais l'Allemagne, principal contributeur aux mécanismes de soutien, fait de la résistance

Pour tenter de convaincre Berlin et les autres capitales les plus réticentes, la Commission européenne a fait circuler cette semaine un document dans lequel elle proposait que le montant des fonds soit porté à 940 milliards d'euros.

Selon trois diplomates interrogés par Reuters, cet objectif est irréaliste dans la mesure où d'une part la Banque centrale européenne (BCE) a inondé le secteur bancaire avec plus de 1.000 milliards d'euros de liquidités et que de l'autre, et d'autre part les gouvernements européens se sont engagés sur la voie de l'austérité pour apaiser les craintes des marchés financiers.

"On s'achemine officiellement vers une position intermédiaire: un fonds combiné de 700 milliards d'euros", a déclaré un diplomate qui a pu consulter le document de la Commission, dont Reuters a également eu connaissance.

Les ministres de Finances et les banquiers centraux se réuniront vendredi prochain à Copenhague pour s'entretenir de la dotation des mécanismes de soutien, constitués vraisemblablement du Fonds européen de stabilité financière (FESF), qui devait être dissous l'année prochaine, et du Mécanisme européen de stabilité (MES), censé le remplacer.

UN ACCORD MONNAYÉ?

Le premier dispose actuellement d'une force de frappe de 440 milliards d'euros, contre 500 milliards pour le second.

De hauts responsables de la zone euro ont déclaré la semaine dernière à Reuters que les 17 pays de la zone euro devraient s'accorder pour limiter le montant total des mécanismes d'aide à près de 700 milliards d'euros afin de se rallier l'Allemagne.

Selon une autre source diplomatique, le gouvernement allemand serait disposé à accepter cette solution.

Dans la proposition de la Commission, le MES récupérerait la puissance de feu du FESF pour atteindre 940 milliards d'euros.

En retranchant les prêts d'urgence déjà octroyés au Portugal, à l'Irlande et à la Grèce, la portée du MES serait de 740 milliards.

La Commission espère que des fonds portés à une puissance optimale soient en mesure de convaincre les autres grandes puissances mondiales de contribuer davantage au Fonds monétaire international.

D'autres propositions ont été avancées. L'une prévoit de laisser le FESF et le MES coexister de manière indépendante jusqu'à la dissolution du FESF l'an prochain.

Une autre suggère enfin de dissoudre le FESF avant 2013 et de rendre le MES seul maître à bord pour prêter aux pays en difficultés. Dans ce cas, le filet de protection s'élèverait à 500 milliards d'euros.

Selon une troisième source diplomatique, Berlin pourrait monnayer son accord en exigeant davantage d'austérité de la part de ses membres ou en réclamant un des postes à hautes responsabilités bientôt vacant dans l'Union européenne.

Nicolas Delame pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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