La zone euro adopte un plan de sortie de crise pour la Grèce

le , mis à jour à 11:19
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* Athènes restera dans la zone euro dit Hollande * Tsipras a donné des gages aux "faucons" de l'euro * Le PM grec a obtenu gain de cause sur les privatisations * Près de deux jours de négociations à Bruxelles (Actualisé avec accord final et déclarations) par Julien Ponthus et Renee Maltezou BRUXELLES, 13 juillet (Reuters) - Les dirigeants de la zone euro ont adopté lundi matin au terme de près de 48 heures de négociations un plan de sortie de crise pour maintenir la Grèce au sein de l'union monétaire à condition qu'elle mette en oeuvre immédiatement un douloureux plan de réformes. "Cet accord permet à la Grèce de rester dans la zone euro", s'est félicité lundi matin François Hollande, qui s'est fait l'avocat du maintien d'Athènes dans le bloc monétaire européen face aux "faucons" de l'euro emmenés par Berlin et le ministre des finances Wolfgang Schäuble. Excédés par les revirements du gouvernement d'Alexis Tsipras au cours de plusieurs mois de négociations, les responsables de l'union monétaire ont obtenu que le parlement grec adopte notamment d'ici le 15 juillet une réforme de la TVA et des retraites avant d'enclencher le processus formel d'un troisième plan de sauvetage évalué à 80 milliards d'euros. Les dirigeants européens redoutaient qu'après l'obtention des fonds, le gouvernement grec n'interrompe la mise en oeuvre des privatisations et des réformes promises à ses créanciers, comme celle des retraites ou de la fiscalité. Ils ont également durci de manière conséquente le plan de réforme approuvé samedi par le parlement grec et qui reprenait déjà de nombreuses exigences des créanciers, demandes pourtant rejetées par les citoyens grecs dimanche 5 juillet lors d'un référendum. Ces propositions étaient jugées insuffisantes par des pays comme l'Allemagne ou la Finlande, même si la France ainsi que les experts des "institutions" - Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international - leur ont donné un premier avis favorable vendredi. Privatisations, coupes budgétaires, libéralisation du marché du travail et de pans entier de l'économie, la pilule est amer pour la gauche radicale d'Alexis Tsipras qui avait fait de la lutte contre les politiques d'austérité son cheval de bataille devant les électeurs. Le leader de la gauche radicale grecque a cependant réussi à éviter lors des négociations qu'un fonds regroupant des actifs publics grecs destinés à être privatisés soit domicilié au Luxembourg. "L'accord est difficile mais nous avons coupé court au mouvement de transfert d'actifs publics à l'étranger. Nous nous sommes épargnés un étranglement financier et un effondrement du système bancaire", a dit Alexis Tsipras à la presse. La question du rééchelonnement d'une partie de la dette grecque, qui représente 175% de son Produit intérieur brut (PIB), a aussi été actée par François Hollande qui a évoqué un allongement des maturités des prêts et des aménagements sur les intérêts. L'aménagement de la dette grecque suscitait de fortes réticences dans certains pays comme l'Allemagne mais constitue le principal argument d'Alexis Tsipras pour faire accepter par ses compatriotes les nouvelles mesures d'austérité. Alors que les banques grecques sont fermées et complètement dépendantes des liquidités d'urgence accordées par la Banque centrale européenne, l'accord proposé à Alexis Tsipras est considéré comme sa dernière chance pour éviter l'effondrement financier et économique du pays. Les ministres des Finances de la zone euro doivent aussi se pencher dans quelques heures sur les moyens de financer un prêt relais pour faire la soudure entre les besoins financiers immédiats de la Grèce et l'obtention des fonds du Mécanisme européen de stabilité. (Edité par Jean-Michel Bélot)

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