La volatilité nourrit l'anxiété sur les tests bancaires

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LA VOLATILITÉ DES MARCHÉS NOURRIT L'ANXIÉTÉ SUR LES TESTS BANCAIRES
LA VOLATILITÉ DES MARCHÉS NOURRIT L'ANXIÉTÉ SUR LES TESTS BANCAIRES

par Francesco Canepa et Laura Noonan

LONDRES (Reuters) - Les turbulences qu'ont subies les marchés financiers ces derniers jours ont accru l'anxiété des investisseurs quant aux conclusions des examens de santé du secteur bancaire de la zone euro, qui seront dévoilées le dimanche 26 octobre.

La "revue de la qualité des actifs" (AQR) à laquelle a procédé la Banque centrale européenne (BCE) sur 130 grandes banques et les tests de résistance menés pour jauger leur capacité à encaisser d'éventuelles crises à venir sont supposés restaurer la confiance en tirant un trait sur la crise de la zone euro.

Mais la possibilité que certaines banques, même en petit nombre, se voient ordonner de lever des milliards d'euros de capitaux pour renforcer leur bilan préoccupe les investisseurs, et d'autant plus après le regain de volatilité des marchés, qui risque de peser sur les profits du secteur financier.

Les informations disponibles sur les résultats de l'AQR et des tests sont très rares et aucun consensus ne se dégage au sein des observateurs.

"Quelle que soit l'issue de l'AQR (...) le marché va rester concentré sur la santé des banques parce qu'un bon nombre des banques plus faibles détiennent des quantités importantes d'obligations souveraines, donc quand la volatilité grimpe sur les marchés, ces banques souffrent", explique Alberto Gallo, responsable de la recherche crédit européenne chez RBS.

"Alors qu'avant, il était très facile de lever des capitaux, même pour des banques faibles (...) cela pourrait être plus difficile à l'avenir", ajoute-t-il.

Les banques européennes ont levé 56,9 milliards de dollars (44,6 milliards d'euros) sur les marchés de capitaux depuis le début de l'année, 32% de plus que sur la période correspondante l'an dernier, selon les données Thomson Reuters, qui recensent 41 opérations, contre 27 il y a un an.

PAS DE CONSENSUS SUR LES "EXCEPTIONS"

Mais les turbulences sur les marchés ont ravivé les craintes sur certaines "exceptions", qui pourraient ne réussir les tests que de justesse, voire échouer.

Ces craintes visent notamment Banca Monte dei Paschi di Siena, la troisième banque italienne, dont le cours de Bourse a touché jeudi un plus bas historique bien qu'elle ait levée cinq milliards d'euros auprès de ses actionnaires en juin.

L'administrateur délégué du groupe a déclaré que la banque, grâce aux efforts menés, était désormais solide, mais l'un des grands actionnaires a estimé le mois dernier qu'il n'était pas certain que la revue de la BCE ne conclue pas à de nouveaux besoins de fonds propres.

Le nom de Monte Paschi figure en bonne place dans huit études distinctes sur les banques jugées les plus menacées, études réalisées entre autres par Citi, Goldman Sachs, JPMorgan et Credit Suisse.

Les opinions sur l'espagnole Banco Popular, la française Crédit agricole et la grecque Piraeus Bank sont plus mitigées. Chacune d'elles est citée comme la plus risquée dans une des études même si d'autres études les jugent moins exposées.

L'Allemagne, première économie de la région, n'échappe pas non plus aux interrogations: certaines études citent aussi le nom de Commerzbank comme étant la plus exposée au risque d'échec aux tests. Et les obligations émises par des banques régionales publiques allemandes, HSH Nordbank, Munich Hypo et Nord/LB ont souffert de peur que ces établissements échouent eux aussi.

LES POIDS LOURDS PAS MENACÉS

La plupart des banques citées comme des "exceptions" possibles ont refusé de s'exprimer publiquement sur le sujet mais plusieurs ont critiqué les analystes qui ont tenté de prédire les conclusions de la BCE.

"De l'extérieur, il est difficile de savoir (comment une banque va se comporter)", a dit un banquier.

Des investisseurs s'attendent au contraire à de bonnes surprises au vu des efforts entrepris cette année pour renforcer les bilans. Certaines banques, comme l'italienne BP Milano ont déclaré récemment être rassurées après des réunions préliminaires avec les autorités réglementaires.

"La BCE n'a absolument aucun intérêt à provoquer une crise bancaire sous quelque forme que ce soit", dit Stephen Macklow-Smith, de JPMorgan Asset Management.

Au vu de la montée de l'aversion au risque, cependant, les investisseurs qui tentent de "jouer" les AQR devraient se concentrer sur les plus grands noms du secteur, dont aucun ne semble exposé au moindre risque d'échec aux tests.

"Je ne pense pas qu'il y ait de grosse surprise sur les grands noms", dit Yohan Salleron, gérant de Mandarine Gestion. "Il se peut que certaines banques doivent augmenter leur capital, mais il s'agira de petites banques périphériques."

(avec Steve Slater, Marc Angrand pour le service français)

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