La visite de Valls en Algérie assombrie par une affaire de visas

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    * Des visas refusés à des journalistes français 
    * Troisième comité interministériel franco-algérien 
    * Terrorisme et économie au menu des discussions 
 
    par Elizabeth Pineau 
    ALGER, 8 avril (Reuters) - Manuel Valls et une dizaine de 
ministres français entament samedi une visite de deux jours en 
Algérie dont les préparatifs ont été entravés par le refus des 
autorités algériennes d'accorder des visas à plusieurs 
journalistes français.  
    Les relations franco-algériennes se sont tendues cette 
semaine après la publication par le quotidien français Le Monde 
d'une photographie du président algérien Abdelaziz Bouteflika 
pour illustrer un article évoquant l'implication de dirigeants 
dans l'affaire des "Panama Papers".  
    L'ambassadeur de France, Bernard Emié, a été convoqué 
mercredi au ministère des Affaires étrangères à propos de ce que 
les autorités algériennes considèrent comme une "campagne 
malveillante et fallacieuse". 
    En outre, un journaliste du Monde et deux reporters du 
"Petit journal" de Canal Plus se sont vu refuser des visas pour 
accompagner Manuel Valls à Alger.   
    Manuel Valls aura l'occasion de revenir sur ces incidents 
avec son homologue Abdelmalek Sellal, avec qui il présidera le 
troisième comité interministériel de haut niveau 
franco-algérien, dont la précédente édition avait eu lieu à 
Matignon fin 2014. 
    Le chef du gouvernement français, qui est accompagné d'une 
dizaine de ministres, devrait rencontrer dimanche le président 
Abdelaziz Bouteflika.  
    Le dirigeant algérien à la santé délicate depuis un accident 
vasculaire s'était entretenu avec le chef de la diplomatie 
française, Jean-Marc Ayrault, le 29 mars dernier à Alger.  
     
    MARCHÉ AUTOMOBILE  
    La lutte contre le terrorisme et les questions économiques 
constitueront les principales têtes de chapitres de cette 
visite, à l'heure où l'Algérie cherche à diversifier son 
économie, très dépendante des hydrocarbures. La chute du prix du 
brut ces derniers mois pèse sur la croissance algérienne. 
    Une vingtaine d'accords de coopération seront signés avec 
l'Algérie, où la France reste le premier investisseur hors 
hydrocarbures mais dont la Chine est devenu le premier 
fournisseur.   
    Parmi les dossiers en cours figurent la finalisation du 
projet de construction d'une usine automobile PSA  PEUP.PA  à 
Oran, où Renault  RENA.PA  produit déjà depuis novembre 2014.  
    Le groupe au losange a assemblé 27.000 véhicules depuis le 
démarrage de son site et augmente régulièrement la cadence avec 
l'embauche en cours d'une troisième équipe. Renault produit sur 
place la Symbol, une Logan avec coffre séparé, et ajoutera à 
partir de juin la Sandero Stepway. 
    Pays de 40 millions d'habitants, l'Algérie compte parmi les 
marchés automobiles les plus prometteurs de la région.  
    Avec désormais une production locale, et plus de l'import, 
le pays espère retrouver les 500.000 ventes qu'il a affichées il 
y a quelques années. Pour mesurer le potentiel, le pays compte 
37 millions d'habitants, avec un taux d'équipement de seulement 
100 voitures pour 1.000 habitants - cinq fois mois qu'en France 
- et un parc automobile vieillissant, avec un âge moyen de 16 
ans.  
 
 (Avec Gilles Guillaume, édité par Yves Clarisse) 
 

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