La violence à Marseille déchire la classe politique

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LA CLASSE POLITIQUE PEINE À SE RASSEMBLER CONTRE LA VIOLENCE À MARSEILLE
LA CLASSE POLITIQUE PEINE À SE RASSEMBLER CONTRE LA VIOLENCE À MARSEILLE

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français réclame un "pacte national" pour lutter contre la violence à Marseille mais l'opposition de droite réplique en accusant la gauche au pouvoir de laxisme en matière pénale.

Deux nouveaux meurtres jeudi, dont celui d'Adrien Anigo, fils du directeur sportif de l'Olympique de Marseille, portent à 15 le nombre de personnes tuées dans des règlements de comptes depuis le début de l'année et relancent le débat sur la criminalité qui gangrène la deuxième ville de France.

Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a réclamé jeudi un "pacte national" pour lutter contre les trafics de drogue à l'origine de nombreux homicides dans la cité phocéenne.

Une table ronde sur la sécurité réunissant l'ensemble des élus de la ville se tiendra samedi à Marseille, a annoncé la préfecture.

Jean-Claude Gaudin a dit vendredi partager la volonté de Manuel Valls d'éradiquer les trafics et a souligné les efforts des élus locaux pour lutter contre la délinquance.

Mais le maire UMP de Marseille a estimé que la sécurité des Marseillais était d'abord l'affaire du gouvernement.

"Il appartient à l'Etat d'assurer la sécurité des personnes et des biens", a-t-il dit sur Europe 1 avant d'accuser certains responsables socialistes de "dire n'importe quoi".

L'idée d'une union sacrée évoquée par Manuel Valls a été reprise vendredi par Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée chargée des personnes handicapées et candidate socialiste aux municipales du printemps prochain à Marseille.

"Il y a des vrais réseaux mafieux dans cette ville. Il faut les mettre hors d'état de nuire", a-t-elle dit sur RTL.

"Ce que je souhaite, c'est que nous, les responsables politiques, on soit au niveau des enjeux. Il faut le faire ensemble, cette affaire", a-t-elle ajouté.

"POUDRE AUX YEUX"

L'union de la classe politique n'est pas gagnée, comme en témoignent les propos de Rachida Dati, vice-présidente de l'UMP et ancienne ministre de la Justice, qui rend le laxisme du gouvernement en matière pénale pour responsable de la flambée de violence à Marseille.

"Combien d'autres drames Marseille devra-t-elle vivre avant que le gouvernement décide enfin d'avoir une politique pénale ferme, claire et dissuasive ?", écrit-elle dans un communiqué publié vendredi.

"Quand le gouvernement cessera-t-il d'éviter la prison aux voyous, d'exposer les policiers aux procédures dilatoires des délinquants ? Le "pacte national" contre les trafiquants de drogue, exigé hier soir par Manuel Valls, commence d'abord par une politique pénale gouvernementale ferme et assumée pour combattre cette criminalité organisée", ajoute-t-elle.

Ni le "pacte national" appelé de ses voeux par Manuel Valls ni la réunion de crise programmée samedi en préfecture n'impressionnent Marine Le Pen

"Les grandes déclarations disant 'on va augmenter le nombre de policiers, on va se réunir autour d'une table, etc.', tout cela, c'est de la poudre aux yeux pour tenter de calmer les impatiences d'une opinion publique qui se rend compte que le ministère de l'Intérieur est dans l'incapacité totale de ramener la sécurité non seulement à Marseille mais dans l'ensemble de la France", a dit la présidente du Front national sur LCI et Radio Classique.

Marine Le Pen dénonce "une absence totale de résultats dans la lutte contre la criminalité à Marseille" et accuse le Parti socialiste et l'UMP d'avoir fait preuve "d'exactement la même inefficacité".

Patrick Vignal

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  • salar12 le vendredi 6 sept 2013 à 10:27

    La prohibition ne fait que créer des opportunités pour les voyous. Le coût pour la société est énorme, une libéralisation contrôlée (cf. cigarettes, alcools, "médicaments" psycho-actifs) est l'unique solution... on y viendra donc.

  • M2280901 le vendredi 6 sept 2013 à 09:57

    le seul pacte à respecter c'est le retour au pays