La ville durable: encore du chemin à faire

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Les élus locaux accordent de l'importance aux politiques de la ville durable, sans en maîtriser complètement le concept ni être satisfaits des politiques déjà mises en oeuvre. C'est ce que révèle la première édition de l'Observatoire Elus & Villes durables par TNS Sofres pour General Electric.

La ville durable: le concept a beau être résolument connoté de manière positive, il n'en demeure pas moins flou, charriant son lot de clichés, de bonnes intentions... et de malentendus. L'Observatoire Elus & Villes durables réalisé par TNS Sofres pour General Electric (GE) et rendu public mardi s'est intéressé à la perception et aux attentes des élus locaux sur l'enjeu des villes durables. Réalisé auprès de 500 maires et responsables de structures intercommunales en juin et juillet dernier, il montre un consensus parmi les élus sur l'importance de la ville durable même si beaucoup d'entre eux n'en maîtrisent pas exactement les enjeux.

Des trois dimensions du développement durable (environnementale, économique et sociale), les élus retiennent surtout la première. Ainsi, spontanément, 72% des élus associent le terme «ville durable» à l'environnement, contre seulement 22% à des enjeux sociaux et culturels et 15% à l'emploi. Pour la quasi totalité des élus, une ville durable est avant tout une ville qui veille à ses ressources en eau et en énergie, à la qualité de l'air, au bien-être de ses habitants et au développement des moyens de transports. Au contraire, seulement 66% des sondés considèrent qu'une ville durable a pour caractéristique d'attirer des capitaux.

Les élus s'attribuent une note modeste

De manière générale, même si la moitié des élus admet ne pas vraiment connaître la définition d'une ville durable, 96% d'entre eux confient en avoir une perception positive. Et ils accordent à cette problématique une importance non négligeable (note moyenne de 7,2/10), autant par conviction que par pragmatique, afin de répondre aux attentes des administrés. Mais, paradoxalement, ils estiment que leurs habitants y sont moins sensibles qu'eux (note moyenne de 6,4/10).

Les conséquences même des politiques de la ville durable semblent mal connues des élus. Ils se montrent en effet très partagés pour évaluer le ratio coût sur avantages. Au final, 53% des élus souhaiteraient bénéficier de financements et 47% d'entre eux de davantage d'informations sur les modalités pratiques de la ville durable.

L'Observatoire dégage de ce sondage quatre types d'élus: les engagés, qui mènent une politique active dans l'écologie, les pragmatiques, qui n'agissent que lorsqu'ils sont convaincus d'un retour sur investissement, les dubitatifs, les plus nombreux, sceptiques ou ignorants des enjeux de la ville durable, et enfin les critiques, qui privilégient avant tout les projets dont les enjeux sont sociaux.

Aujourd'hui, les élus attribuent à leurs politiques de ville durable la modeste note de 6,1 sur 10. Si certaines actions sont largement répandues comme le tri et la valorisation des déchets, la gestion de l'eau et les actions de sensibilisation auprès des habitants, d'autres figurent parmi les projets des élus: l'utilisation ou la production d'énergies renouvelables (46%), l'amélioration de la performance énergétique des bâtiments (39%) et l'implantation ou l'extension d'un éco-quartier (38%). Pour l'Observatoire et GE, les politiques de ville durables sont donc «promises à un bel avenir».

Qu'est-ce qu'une ville durable ?

Pour Alain Morcheoine, conseiller Ville durable auprès de la présidence de l'ADEME, l'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie, la ville durable se définit avant tout par la préservation des fonctions premières de toute ville : créer du lien social et favoriser les échanges économiques. Puis est apparu un critère supplémentaire, plus récent et donc plus évoqué aujourd'hui : la préoccupation environnementale. La ville durable doit préserver le rôle de la nature et être résistance face aux risques climatiques.

Pour poursuivre l'ensemble de ces objectifs, diminuer les distances pour faire ses courses et se rendre sur son lieu de travail est un enjeu clé. Les transports représentent aujourd'hui 40% du bilan carbone d'une ville.

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