La ville de Paris part en guerre contre les nuisances sonores

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CONTENU INTERACTIF - Près de 11% des habitants de la capitale sont exposés à des niveaux de bruit trop élevés. La Ville veut rendre le périphérique moins bruyant en généralisant un revêtement qui réduit le niveau sonore.

La chasse au bruit est ouverte. Alors que la municipalité parisienne s'apprête à soumettre lundi au conseil de Paris son plan anti-bruit pour les années 2015-2020, elle a tenu à montrer les actions déjà menées en la matière. L'occasion aussi pour l'équipe municipale de revenir sur un thème qui lui est cher: les nuisances dues au trafic automobile. Et il faut bien reconnaître qu'en matière de décibels, voitures et camions causent bien des maux.

Démonstration à l'appui avec une mesure de bruit sur le pont de l'avenue Courteline (12e arrondissement), juste au-dessus du périphérique. Ici, comme c'est le cas pour tous les 100.000 riverains de cet axe ceinturant la capitale, il n'est pas rare de dépasser les 68 décibels, le seuil limite réglementaire.

5 millions de budget

L'endroit est particulièrement stratégique pour observer les effets de «l'enrobé phonique», le revêtement utilisé dans les rénovations de la chaussée pour limiter le bruit. Un côté du pont en bénéficie, l'autre pas encore. Si ce revêtement coûte 20% plus cher, il permet de gagner en moyenne 3 à 4 décibels sur les bruits de pneu: l'équivalent d'une diminution de trafic de 50%. Des hypothèses que confirment les mesures réalisées sur le pont. Evidemment, cet enrobé phonique ne fait pas de miracle contre les concerts de klaxons ou les moteurs bruyants mais les résultats sont assez convaincants pour développer le concept.

«Avec un budget de 5 millions d'euros, notre objectif est de traiter d'ici 5 ans 100% de la zone habitée du périphérique, soit 30% de sa longueur contre seulement 10% actuellement équipés», souligne Célia Blauel, adjointe au maire (EELV) chargée de l'environnement. «Mais nous souhaitons une approche plus préventive que curative, précise-t-elle. La réduction du bruit passera aussi par une baisse du trafic poids lourds et par une diminution de la vitesse.»

En attendant, les enrobés phoniques seront également testés sur les axes les plus passants de la capitale, car si le périphérique est un point noir aucun arrondissement n'est épargné par le fléau du bruit selon la carte réalisée par Bruitparif. Quant au réseau Rumeur (voir carte interactive), il s'étend à toute l'Ile-de-France pour mesurer les nuisances sonores et s'intéresse également aux trafics ferroviaires et aériens.

Par ailleurs, les campagnes de rénovations de logements sociaux les plus exposés intégreront à l'avenir un volet isolation phonique à côté de l'isolation thermique. Et les particuliers peuvent-ils disposer d'une aide en la matière? «Ce dispositif a disparu car il était trop peu utilisé, explique Célia Blauel. A l'avenir, plutôt que de fonctionner en silo, il faudrait des aides globales concernant aussi bien la rénovation énergétique que phonique.»

Au-delà des questions de qualité de vie, le bruit est un véritable enjeu de santé publique. En Europe, les nuisances sonores seraient à l'origine de plus de 10.000 décès prématurés par an, selon l'Agence européenne de l'environnement (voir vidéo).

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  • M7093115 le mercredi 11 mar 2015 à 13:37

    On se fout du monde: simplement interdire les deux roues avec pot d' échappement trafiqué, agression sonore hallucinante Mais pour cela il faut arrêter les caille rats ......