La vidéo de l'EI pourrait être liée à la famille Merah

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PARIS, 11 mars (Reuters) - Les autorités françaises n'ont pas commenté dans l'immédiat l'avis de spécialistes du djihadisme selon lesquels la vidéo de l'Etat islamique (EI) montrant un enfant tirant une balle dans la tête d'un Arabe israélien serait liée à la famille Merah. Mohamed Merah a assassiné il y a trois ans, en mars 2012, trois militaires ainsi que trois enfants et un enseignant d'une école juive de Toulouse avant d'être abattu par les forces de l'ordre lors de l'assaut de son logement. En mai 2014, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avait annoncé que les autorités soupçonnaient Souad Merah, la soeur du djihadiste de Toulouse, d'être partie en Syrie avec ses quatre enfants et d'y avoir rejoint son compagnon. Le chercheur Romain Caillet estime sur son compte Twitter qu'un "djihadiste français originaire de Toulouse" apparaît dans la vidéo publiée mardi par le service média de l'EI, Furkan. Le journaliste David Thomson, auteur du livre "Les Français jihadistes", précise que certains pensent reconnaître Sabri Essid, le demi-frère de Mohamed Merah. Sabri Essid, figure du milieu salafiste radical toulousain, est en Syrie depuis un an avec sa famille, précise-t-il sur son compte twitter. Pour la première fois sur une vidéo de l'EI, la sentence de mort est prononcée en français. Tout en restant prudent, Wassim Nasr, journaliste à France 24 et spécialiste du djihadisme, rapporte que l'enfant mis en scène dans la vidéo serait français et pourrait avoir l'âge d'un fils de la soeur de Mohamed Merah. Il rappelle sur Twitter que le 11 mars correspond au début des attaques de Mohamed Merah dans la région de Toulouse il y a trois ans. "Ce timing n'est pas le fruit du hasard mais il est pensé et réfléchi par les spin doctors de l'État Islamique à l'adresse de la France", écrit-il. La vidéo de 13 minutes diffusée mardi montre un Arabe israélien, Mohamed Moussallam, 19 ans, vêtu d'une combinaison orange, raconter comment il a été recruté et entraîné par les services de renseignement israéliens, encouragé en cela par son père et son frère. Moussallam est ensuite conduit à l'extérieur, jusqu'à un champ où il écoute à genoux la sentence de mort lue par un djihadiste qui s'exprime en français, puis un enfant en uniforme militaire, en face de lui, lui tire une balle en pleine tête. Le père de Mohamed Mousallam, Saïd, avait démenti les accusations de l'EI. Selon lui, son fils s'était rendu en Turquie en tant que touriste puis avait disparu. D'après les services de sécurité israéliens, Mohamed Moussallam s'est rendu en Turquie le 24 octobre "de sa propre initiative" et sans en informer sa famille, pour aller combattre dans les rangs de l'EI en Syrie. (Gérard Bon, édité par Yves Clarisse)

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