La victoire des Bleus en questions

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La victoire des Bleus en questions
La victoire des Bleus en questions

L'ambiance à Twickenham était-elle à la hauteur de l'événement ? Frédéric Michalak a-t-il rempli sa mission de buteur ? La blessure de Yoann Huget est-elle grave ? Revivez France-Italie en quatre questions.

DE NOTRE ENVOYE SPECIAL A TWICKENHAM, JEAN-FRANCOIS PATURAUD

Quelle était l'ambiance à Twickenham ?

Comme sur le terrain, le match a largement tourné en faveur de la France en tribunes. Il faut dire que les supporters français étaient nettement plus nombreux que leurs homologues italiens. Avant la rencontre, les travées de Twickenham étaient bleues. Quelques secondes avant l'entrée des équipes, la tension est montée d'un écran lorsque le stade, plongé dans le noir, s'est transformé en discothèque. Frissons assurés. Et comme hier, lors de la victoire de l'Angleterre contre les Fidji, on a évidemment entendu la Marseillaise puis une ola a été lancée dès la vingtième minute. Il aura fallu attendre la seconde période, lorsque la France s'est détachée au score, pour que le public se fasse mieux entendre. Les « allez les Bleus » ont alors régulièrement retenti. Avec une nouvelle « Marseillaise » reprise par tout le stade à la 47eme minute. Puis « mais ils sont où les Italiens ? » avant un énorme temps fort des hommes de Jacques Brunel, pour un essai non validé d'Edorado Gori. A la 52eme, Giovanbattista Venditti est à son tour venu calmer l'ambiance. Tout comme la grosse blessure de Yoann Huget, en larmes. L'essai de Nicolas Mas a heureusement redonné des couleurs au public encore sonné par la détresse de Huget.

S'est-on régalé ?

Si les Français ont montré quelques intentions en début de match qui auraient pu déboucher sur un essai de Noa Nakaitaci finalement refusé, la première période a été plutôt terne. Pas beaucoup de spectacle ni d'un côté ni de l'autre. Contre toute attente, les statistiques étaient toutes en faveur de l'Italie : 60% d'occupation territoriale et 54% de possession de balle. En revanche, le score était pour les Bleus vêtus de rouge. Sans grande imagination offensive, les hommes de Philippe Saint-André se sont contentés de prendre les points au pied par Frédéric Michalak (malgré deux pénalités ratées à cause des poteaux) et celui de Scott Spedding. A la pause, la France menait 15-3. Le début de la seconde période a en revanche été plus séduisant grâce à une percée de Nakaitaci conclue par un essai de Slimani. Malgré tout, Thierry Dusautoir et ses partenaires ont eu du mal à se lâcher, surtout que l'Italie a remis la pression sur un essai de Venditti à la 52eme minute. La suite n'a pas été franchement flamboyante mais les Français ont fait le métier. Contrat rempli donc grâce notamment à la prestation des avants, dont Louis Picamoles logiquement élu homme du match.

Frédéric Michalak a-t-il bien buté ?

Philippe Saint-André a longtemps pesté contre la faible réussite de ses buteurs. Et si Frédéric Michalak est l'ouvreur titulaire du XV de France, il le doit en partie à la qualité de son jeu au pied. Pour sa première tentative, le joueur du RC Toulon a frappé un poteau à la cinquième minute. Une désillusion qu'il connaitra également seize minutes plus tard. Mais Michalak a malgré tout passé trois coups de pied, le quatrième étant l'œuvre de Scott Spedding. Le spécialiste des tirs de loin. Au retour des vestiaires, Michalak a passé une nouvelle pénalité puis une transformation sur l'essai de Rabah Slimani, qu’il amène sur un petit coup de pied génial. Sur l'essai de Mas, pas de souci ni de poteau pour Michalak. Le jeu au pied du numéro dix français aura surtout permis à son équipe de se détacher mais il n'aura pas eu un rôle décisif. Michalak a été remplacé par Rémi Talès à cinq minutes de la fin.

Yoann Huget va-t-il rejouer ?

C'est la très mauvaise nouvelle de la soirée. Yoann Huget a peut-être déjà terminé la Coupe du monde. L'ailier toulousain, touché au genou droit à la 55eme minute et remplacé par Gaël Fickou, a dû être porté jusqu'au bord du terrain pour s'assoir. La tête entre les mains et les larmes qui coulaient sur son visage, le joueur qui fêtait sa 41eme sélection n'a pas réussi à masquer sa douleur lorsque Jean-Baptiste Grisoli, le médecin des Bleus, s'est occupé de lui. Le réconfort de Serge Blanco n'y a rien changé. Il y a quatre ans, Huget avait raté le Mondial néo-zélandais pour manquement aux règlements antidopage. Cette fois, il n'aura peut-être disputé que 55 minutes en Angleterre. Si une longue blessure se confirmait, ce serait un énorme coup dur pour Huget, que beaucoup voyaient comme la future star française de la compétition, mais aussi pour Philippe Saint-André qui devrait lui trouver un remplaçant dans la liste cachée. Les solutions au sein du groupe sont rares ou trop tendres, à l'image de l'expérience Brice Dulin ici même le mois dernier. Sofiane Guitoune, en tribunes ce samedi, pourrait devenir titulaire. Et qui intégrerait le groupe des 31 ? Maxime Médard qui n'a pas réalisé la même préparation ? Tout est possible. Espérons que la blessure de Huget ne soit pas si grave...

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