La viande, un produit au coeur de plusieurs scandales alimentaires dans le monde

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L'association UFC-Que choisir épingle ce lundi un manque de transparence dans l'étiquetage des produits transformés. Certains dysfonctionnements de ce type ont mené à des scandales majeurs dans le secteur agroalimentaire ces dernières années.

L'UFC-Que Choisir pointe ce lundi de nouveaux dysfonctionnements dans l'étiquetage des produits transformés présents dans les rayons des grandes surfaces. L'association de consommateurs a en effet publié une étude après avoir scruté les étiquettes de 245 aliments de consommation courante à base de viande de treize marques nationales et sept enseignes de la grande distribution. Et sa conclusion est sans appel: il y a un manque de transparence sur la provenance des viandes utilisées dans les plats transformés. Ces révélations s'ajoutent à une longue liste de scandales alimentaires liés à la viande qui ont secoué la France depuis les années 1980.

● La vache folle (1986)

L'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), plus couramment appelée («vache folle»), a été détectée pour la première fois en 1986 au Royaume-Uni. Elle se traduit par une dégénérescence expresse du cerveau, liée à la consommation de viande bovine. Au total, près de 200.000 vaches seront touchées par la maladie de la «vache folle» en près de dix ans. L'infection se transmet notamment par l'alimentation du bétail: des farines animales constituées de carcasses d'animaux infectés.

Le 20 mars 1996, près de dix ans plus tard, les premiers cas de transmission de la maladie à l'homme sont détectés au Royaume-Uni. Le secrétaire d'État à la Santé britannique révélait alors que dix jeunes étaient décédés d'une forme inhabituelle de Creutzfeldt-Jacob. À la suite de cette crise, l'Union européenne a établi un système d'étiquetage de la viande bovine mais qui n'est pas contraignant. Les Etats membres ne sont pas obligés de l'appliquer. Depuis, la maladie n'a pas complètement disparu. Un nouveau cas d'ESB a en effet été détecté en Irlande en juin dernier, le premier depuis près de deux ans. La France est passée en mai 2015 du statut de pays à «risque maîtrisé» à «risque négligeable». En octobre 2014, le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, avait déjà annoncé la fin du dépistage sur les bovins français.

● La contamination à la dioxine (1999)

En mai 1999, des taux importants de dioxine sont détectés dans des volailles et des œufs en Belgique. Elle était notamment présente dans une farine fabriquée dans ce pays, mais également dans des eaux usées utilisées par des fabricants français. Près de 20 tonnes de cuisses de poulet d'origine belge de la marque «Tante Lucie», commercialisées par la société bretonne Pic Pic, ont notamment été retirées à la consommation.

La dioxine est un polluant très résistant qui peut être à l'origine de cancers ou de troubles hormonaux. Elle se concentre dans la chaîne alimentaire, notamment dans les graisses et le lait, ainsi que dans les farines destinées à l'alimentation des animaux. En 2000, les experts européens placent les produits de la mer en tête des aliments touchés par l'infection. En 2008, de la viande de porc irlandaise est rappelée à cause d'une concentration de dioxines jusqu'à 200 fois trop élevée. La même année, de la mozzarella italienne est touchée à cause de la contamination du lait des bufflonnes de la région de Naples, dont l'environnement est infecté par les déchets. En 2010, ce sont les œufs allemands qui sont touchés.

● L'épidémie de grippe aviaire (2003)

Apparue en Asie, la grippe aviaire se répand d'abord au Moyen-Orient avant de toucher l'Europe, puis l'Afrique. Cette épidémie est particulièrement dangereuse puisqu'elle est transmissible à l'homme. Si l'OMS craint dans un premier temps qu'elle fasse jusqu'à 100 millions de morts, elle en fera 240. Des millions d'animaux d'élevage, notamment des canards et des poulets, ont dû être abattus.

En fin d'année 2015, l'épizootie de grippe aviaire qui a touché le sud-Ouest de la France a provoqué des dégâts considérables sur la filière des palmipèdes à foie gras. D'après les éleveurs, cette crise devrait coûter jusqu'à 270 millions d'euros, dont 140 millions pour les industriels. Cette épizootie, qui s'était déclaré en Dordogne cet automne, a obligé le gouvernement à mettre en place un vide sanitaire de cinq semaines dans les élevages de 18 départements à partir du 18 avril prochain. Le gouvernement a déjà annoncé une aide de 130 millions d'euros pour les accouveurs et producteurs de palmipèdes touchés, mais a indiqué que les indemnisations complémentaires pour les entreprises seraient précisées ultérieurement. Un foyer de grippe aviaire en Écosse a également obligé le gouvernement à abattre près de 40.000 poulets début janvier.

● L'affaire Spanghero (2013)

Ce scandale agroalimentaire majeur qui a éclaté en 2013 a touché de nombreux industriels et pays européens. L'affaire a éclaté en trois temps. D'abord, les autorités sanitaires britanniques découvrent que des steaks hachés certifiés pur bœuf produits en Irlande contiennent de la viande de cheval non-étiquetée. Dix jours plus tard, on apprend que des carcasses britanniques de chevaux, contaminés par un médicament interdit, ont été vendus en France en 2012. S'il n'y a pas de liens directs entre ces deux événements, la société suédoise Findus décide de conduire des tests sur ses produits et annonce quelques jours plus tard avoir trouvé de la viande équine dans ses lasagnes, d'abord au Royaume-Uni puis en France.

Comigel, la société qui produits les plats cuisinés, est alors pointée du doigt avant qu'elle même n'accuse Spanghero, la société française qui lui fournit la viande. L'entreprise du Sud-Ouest annonce alors qu'elle a été dupée par ses fournisseurs roumains. D'après la DGCCRF, ce sont 750 tonnes de viande faussement étiquetées bœuf qui sont sorties de l'usine de Spanghero. Ce scandale d'ampleur a notamment permis de mettre au jour la complexité du circuit commercial suivi par la viande en Europe. Au total, au moins six pays ont affirmé avoir trouvé de la viande de cheval dans des lasagnes surgelées: la France, le Royaume-Uni, la Suisse, l'Allemagne, la Suède et la Norvège.

● Des chevaux de laboratoire vendus en boucherie (2013)

Onze mois après «l'affaire Spanghero», un nouveau scandale éclabousse le monde de la viande. Une information judiciaire est ouverte pour une affaire de vente de viande de cheval réputée impropre à la consommation. Une lettre anonyme avait dénoncé la fraude d'un négociant de Narbonne qui aurait réintroduit des chevaux de laboratoires dans la filière alimentaire après avoir falsifié leurs carnets de traçabilité. Au total, plus d'une centaine de chevaux passés par le laboratoire ardéchois de Sanofi-Pasteur entre 2010 et 2012 seraient concernés.

Achetés sur pieds, notamment par un maquignon du Gard, pour la somme dérisoire de 10 euros auprès de Sanofi, ces chevaux, qui auraient dû être revendus comme chevaux de loisirs, ont ensuite été cédés à une société de Narbonne (Aude) avant d'être abattus pour certains en Espagne, et terminer, grâce à des falsifications de carnets d'abattage, sur les étals des boucheries chevalines.

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