La venue de Soleimani sur le front de Falloudja inquiète les sunnites d'Irak

le
0
    BAGDAD, 28 mai (Reuters) - Le général iranien Qassem 
Soleimani, commandant de la force d'élite Al Qods, a suscité 
l'émoi de parlementaires sunnites irakiens en se rendant auprès 
des milices chiites qui participent à l'offensive lancée par 
Bagdad pour reprendre la ville de Falloudja. 
    Trois députés sunnites de la province d'Anbar, où se trouve 
Falloudja, ont déclaré à Reuters que sa visite risquait 
d'attiser les tensions religieuses. En se déplaçant sur ce 
front, Soleimani, ont-ils ajouté, a également nourri les doutes 
sur les intentions réelles du gouvernement irakien. 
    Falloudja, située à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest 
de Bagdad, est contrôlée par les djihadistes sunnites de l'Etat 
islamique depuis janvier 2014. Mais la ville est de longue date 
un foyer de tensions entre la communauté sunnite et la majorité 
chiite d'Irak. Après la chute de Saddam Hussein, en 2003, elle 
est devenue un bastion de l'insurrection sunnite contre les 
forces américaines puis le pouvoir majoritairement chiite 
d'Irak.  
    La venue du général Soleimani sur le front de Falloudja n'a 
pas été confirmée par le gouvernement irakien. 
    Mais ces derniers jours, des médias iraniens ont publié des 
photographies le montrant dans ce secteur, rencontrant des 
dirigeants de l'alliance des milices chiites Hachid Chaabi. 
    "La présence de Soleimani est suspecte et constitue un motif 
d'inquiétude: il n'est absolument pas le bienvenu dans cette 
région", a déclaré le député sunnite Salim Mouttar al Issawi. 
    Un autre élu de Falloudja, Liqaa Wardi, s'est inquiété que 
"la présence d'un tel responsable des Gardiens de la révolution 
(iranienne) n'ait des implications sectaires".  
    Dans un communiqué publié vendredi, l'Association des 
dignitaires musulmans d'Irak, une organisation sunnite radicale 
formée après la chute de Saddam Hussein, a dénoncé la 
participation de milices chiites à la contre-offensive lancée en 
début de semaine à Falloudja. 
    "Ces milices ne sont pas venues pour libérer des 
territoires, ainsi qu'elles l'affirment, mais pour poursuivre 
des objectifs sectaires sous la direction de l'Iran", peut-on 
lire. 
    Qassem Soleimani est le commandant de la force Al Qods, la 
force spéciale chargée des opérations extérieures des pasdaran, 
les Gardiens de la révolution islamique. Il reçoit ses ordres 
directement du guide suprême de la Révolution islamique, 
l'ayatollah Ali Khamenei. 
    Dans nombre de capitales arabes sunnites, qu'inquiète 
l'influence croissante de Téhéran en Irak, en Syrie, au Liban ou 
au Yémen, il incarne les aspirations à un nouvel Empire perse et 
représente le bras armé d'une confrontation engagée entre la 
principale puissance chiite et les pays de l'islam sunnite. 
    Interrogé par la chaîne de télévision russe RT, le ministre 
saoudien des Affaires étrangères, Adel al Jubeir, a déclaré que 
sa présence en Irak était "très négative". 
 
 (Saif Hameed; Henri-Pierre André pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant