La vente de tests de grossesse autorisée en supermarché

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L'objectif est d'accroître la concurrence sur ces produits, dont le prix est jugé trop élevé par le gouvernement.

Du lait, des tomates, du shampoing... et un test de grossesse. Voilà à quoi pourrait bientôt ressembler une liste de courses au supermarché. Les députés ont en effet autorisé lundi, lors de l'examen en deuxième lecture du projet de loi sur la consommation, la vente de tests de grossesse en grandes surfaces, alors que les pharmacies détenaient jusqu'alors le monopole de leur commercialisation. L'amendement, soutenu par Benoît Hamon, avait été déposé un peu plus tôt par le groupe socialiste au Sénat.

En introduisant davantage de concurrence, le ministre de la Consommation espère faire baisser «considérablement les tarifs». Un impératif pour élargir l'accès des femmes à ces tests, et leur permettre de détecter plus tôt leur grossesse. «Aujourd'hui, toutes les femmes n'ont pas accès à ces dispositifs en raison de leur coût, a expliqué Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des Femmes. Pour la première fois depuis 1995, la part des femmes ayant déclaré leur grossesse après le premier trimestre a même augmenté de manière significative». Un autre avantage de la mesure, pour le gouvernement, est son anonymat, que Benoît Hamon juge «nécessaire dans beaucoup de cas».

Une économie de 269 millions d'euros par an

Si le planning familial a donné son aval à la mesure, l'association de consommateurs UFC-Que Choisir déplore que le gouvernement «aborde le sujet de l'accès de tous aux médicaments par le petit bout de la lorgnette». Elle est certes favorable à la vente des médicaments sans ordonnance en grandes surfaces - une économie de 269 millions d'euros par an pourrait selon elle être réalisée par les consommateurs -, mais à la condition que la vente soit réalisée par un pharmacien, dont la formation lui permet de conseiller le consommateur.

Le gouvernement souhaite pallier le risque de désinformation des femmes en musclant les notices qui accompagneront les tests de grossesse. Najat Vallaud-Belkacem souhaiterait ainsi rappeler «la nécessité de consulter un médecin en cas de test positif mais aussi les conseils que les femmes peuvent trouver en matière de contraception ou d'interruption volontaire de grossesse auprès des centres de planification et d'éducation familiale».

Autant de précisions qui ne règlent en revanche pas le sort des pharmacies, que cette déreglementation pourrait fragiliser, comme l'a souligné lors des débats le sénateur PS Claude Dilain. Le chiffre d'affaires des officines, qui pâtissent de la baisse des ventes de médicaments remboursés, a en effet baissé en 2012 pour la première fois depuis 15 ans. Pour s'en sortir, beaucoup comptent justement sur les médicaments et tests non remboursés, comme les tests de grossesse.

(Avec AFP)

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