La vente de médicaments en ligne ne décolle pas

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Selon une enquête Ifop, 4 % seulement des Français ont acheté des médicament en ligne. Mais 30 % d'entre eux envisagent de le faire.

C'est encore loin d'être devenu une habitude. Alors que la vente de médicaments sur Internet est autorisée depuis un an, seulement 4 % des Français sont passés à l'acte. Crainte de contrefaçons, absence de conseil du pharmacien... Les raisons invoquées dans un sondage Ifop réalisé pour le compte du groupement de pharmaciens PHR sont multiples.

Le principal frein est probablement le prix. À quelques rares exceptions près, les médicaments sont vendus au même tarif que dans les officines. Le code de bonne conduite publié l'an dernier par le gouvernement dissuade en effet de pratiquer sur Internet des tarifs plus incitatifs qu'en officines. Dans les rares cas où les médicaments sont moins chers en ligne, les frais de livraison, de l'ordre de 6 euros par commande, limitent cet avantage, relevait il y a quelques mois l'association Familles rurales.

À la grâce de Dieu, à Caen

Les données récentes provenant d'un échantillon de sites en lignes montrent qu'en quelque sept mois d'activité, un site Internet a en moyenne généré 235 commandes pour un chiffre d'affaires de 8128 euros, soulignait début janvier Olivier Véran, rapporteur PS à l'Assemblée nationale d'un projet de loi encadrant la vente en ligne de médicaments. Sur ces sites de pharmacie et parapharmacie, l'activité liée aux médicaments est quasi inexistante, ajoutait-il. Un bilan contesté par Philippe Lailler, patron de la pharmacie À la grâce de Dieu, à Caen, première officine à s'être lancée dans la vente en ligne en France. Il revendique 40.000 commandes en 2013 et un rythme approchant aujourd'hui 130 à 150 commandes par jour, portant pour moitié sur des médicaments.

Les produits antitabac, les produits d'hygiène intime, tels que les pommade anti-hémorroïde, sont assez demandés en ligne, affirme ce pharmacien qui pratique les mêmes prix sur Internet que dans son officine. Il table sur un chiffre d'affaires en ligne de 2 millions d'euros en 2014 car «les ventes de médicaments en ligne se développent». L'attitude des Français évolue, souligne d'ailleurs l'étude Ifop: 30 % d'entre eux se disent prêts à acheter des médicaments en ligne contre 13 % seulement en 2012.

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