La vente de LCH.Clearnet SA par LSE, un dilemme pour Euronext

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    LONDRES/PARIS, 19 octobre (Reuters) - L'opportunité offerte 
par la mise en vente par le London Stock Exchange  LSE.L  (LSE) 
de la filiale française de LCH.Clearnet, sa chambre de 
compensation, constitue un dilemme stratégique épineux pour 
Euronext  ENX.PA , l'opérateur des Bourses de Paris, Amsterdam, 
Bruxelles et Lisbonne.   
    D'un côté, le rachat de LCH.Clearnet SA, renforcerait ses 
positions dans le très compétitif marché de la compensation et 
lui permettrait de contrôler une entité dont elle assure, à 
travers les ordres de ses clients, environ 50% du chiffre 
d'affaires.  
    De l'autre, le rachat de LCH.Clearnet SA serait aussi une 
façon pour Euronext de se tirer une balle dans le pied en 
facilitant indirectement la création d'un mastodonte européen à 
travers la fusion entre LSE et l'allemand Deutsche Börse 
 DB1Gn.DE . 
    Ce rapprochement à 28 milliards de dollars (25,5 milliards 
d'euros) inquiète en effet la Commission européenne, qui estime 
que le nouvel ensemble pourrait disposer d'une position 
dominante en Europe et menacer la concurrence.  
    LSE a mis en vente LCH.Clearnet SA dans l'espoir d'apaiser 
les craintes des autorités européennes sur ce projet de fusion, 
qui inquiète aussi des gouvernements européens, au premier rang 
desquels le français.  
    "Bien sûr qu'Euronext a envie de racheter Clearnet", admet 
une source impliquée dans les négociations. "Mais Euronext a  
sans doute encore plus envie de voir la fusion LSE-Deutsche 
Börse échouer." 
    Euronext, considéré comme le favori pour reprendre 
LCH.Clearnet SA, n'a pour l'heure pas encore tranché la 
question.  
    "Nous examinons évidemment la situation, car cet actif 
appartenait à Euronext jusqu'en 2003. Nous sommes un acheteur 
naturel mais pas à n'importe quel prix, surtout que nos clients 
représentent approximativement la moitié des revenus de 
l'entreprise", a déclaré une porte-parole de l'opérateur 
boursier. 
     
    ALTERNATIVES STRATÉGIQUES 
    Selon plusieurs personnes au fait de la situation, un accord 
sur le rachat de LCH.Clearnet SA serait conditionné au feu vert 
de Bruxelles à la fusion LSE-Deutsche Börse, une décision 
attendue en 2017.    
    Des personnes au fait de la stratégie d'Euronext rapportent 
qu'Euronext ne se sent obligé en rien à acquérir LCH.Clearnet SA 
et qu'il existe de nombreuses alternatives stratégiques, comme 
l'a prouvé selon eux l'acquisition de 20% de la chambre de 
compensation hollandaise EuroCPP.   
    Un rachat de la Bourse de Milan, un autre actif qui pourrait 
être vendu par LSE comme concession à Bruxelles, pourrait aussi 
représenter une alternative stratégique intéressante.   
    Reste que pour des analystes, il est de l'intérêt d'Euronext 
de parvenir à un accord dès à présent car l'opportunité 
d'acquérir LCH.Clearnet SA ne se représentera sans doute pas si 
la fusion LSE-Deutsche Börse est approuvée.       
    La décision des électeurs britanniques de quitter l'Union 
européenne renforce l'attrait de LCH.Clearnet SA pour des 
acteurs étrangers. Ces derniers pourraient profiter d'une 
plate-forme basée dans la zone euro si le Royaume-Uni perdait 
son passeport financier de l'Union européenne. 
    L'opérateur de Chicago, CME Group  CME.O , dont le nom avait 
été mentionné pour le rachat de Deutsche Börse, pourrait ainsi 
être intéressé, selon des banquiers d'affaires. CME Group s'est 
refusé à tout commentaire.  
     
 
 (Sophie Sassard et Huw Jones à Londres, Julien Ponthus et Maya 
Nikolaeva à Paris, avec Noor Zainab Hussain à Bangalore, édité 
par Marc Angrand) 
 

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