La vente d'antiquités rapporte $200 mlns par an à Daech-Russie

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    par Louis Charbonneau 
    NATIONS UNIES, 6 avril (Reuters) - Le vente illégale 
d'antiquités de Syrie et d'Irak rapporte à l'Etat islamique 
entre 150 et 200 millions de dollars par an (entre 130 et 170 
millions d'euros), estime l'ambassadeur de Russie aux Nations 
unies dans une lettre publiée mercredi. 
    "Environ 100.000 objets culturels d'importance mondiale, 
4.500 sites archéologiques, dont neufs sont inscrits au 
Patrimoine mondial de l'Unesco, sont sous le contrôle de l'Etat 
islamique (en Syrie et en Irak)", déclare Vitali Tchourkine dans 
sa mettre au Conseil de sécurité des Nations unies. 
    "Les profits tirés par les islamistes du commerce illicite 
d'antiquités et de trésors archéologiques sont estimés à 150 à 
200 millions de dollars par an", ajoute-t-il. 
    La contrebande des objets, écrit Vitali Tchourkine, est 
organisée par la division des antiquités de l'EI, organisée au 
sein de l'équivalent d'un ministère des Ressources naturelles. 
    Seules les personnes détenant un permis dûment tamponné de 
cette division ont le droit de creuser, d'enlever et de 
transporter les antiquités. 
    Les antiquités sont ensuite écoulées essentiellement vers la 
Turquie, indique l'ambassadeur. 
    "Le principal centre pour la contrebande des articles du 
patrimoine mondial est la ville turque de Gaziantep, où des 
biens volés sont vendus lors d'enchères illégales et ensuite 
diffusés via un réseau de magasins d'antiquités et sur le marché 
local", écrit encore Vitali Tchourkine. 
    La Turquie n'a pas réagi dans l'immédiat. Les relations 
entre la Russie et la Turquie sont tendues depuis qu'un avion 
russe a été abattu par Ankara près de la frontière avec la Syrie 
en novembre dernier. 
    Les bijoux, pièces de monnaie et autres biens pillés sont 
ensuite acheminées vers les villes turques d'Izmir, Mersin et 
Antalya, où sont fabriqués des documents pour dissimuler leur 
provenance. 
    "Les antiquités sont ensuite présentées à des 
collectionneurs de pays divers, en général via des sites 
d'enchères sur internet, comme eBay, et des boutiques en ligne 
spécialisées", écrit Vitali Tchourkine. 
    Il signale aussi que l'EI a tendance désormais à utiliser 
internet et les réseaux sociaux pour court-circuiter les 
intermédiaires et vendre les objets pillés directement aux 
acquéreurs finaux. 
 
 (Avec Humeyra Pamuk à Istanbul; Danielle Rouquié pour le 
service français) 
 
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