La valeur travail n'est pas l'apanage d'un camp, dit Hollande

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POUR HOLLANDE, LA VALEUR TRAVAIL N'EST PAS L'APANAGE D'UN CAMP
POUR HOLLANDE, LA VALEUR TRAVAIL N'EST PAS L'APANAGE D'UN CAMP

LE MANS, Sarthe (Reuters) - François Hollande a répondu jeudi soir aux propos tenus par Nicolas Sarkozy lors de son meeting à Lille, estimant que la valeur travail vantée par le président ne saurait être "l'apanage d'un camp".

Lors d'une réunion publique au Mans (Sarthe), le candidat socialiste à l'élection présidentielle a contré les propositions du chef de l'Etat concernant le recyclage de la prime à l'emploi et les bénéficiaires du Revenu de solidarité active (RSA).

"Le travail, c'est une valeur de la République, ce n'est pas l'apanage d'une famille politique, d'un camp, d'une idéologie", a-t-il déclaré devant 2.000 personnes, selon le PS, réunies dans un théâtre de la ville.

"Quel le respect de la valeur travail depuis cinq ans quand il y a un million de chômeurs de plus ? Où est le respect de la valeur travail quand un quart d'une génération, celle qui a moins de 25 ans, est au chômage ?", s'est-il interrogé sous les applaudissements.

Le travail, "c'est l'instrument de l'émancipation, de la dignité, de l'accomplissement de soi-même, c'est aussi la seule façon de vivre dignement en toute indépendance", a ajouté François Hollande.

"Le travail c'est ce qui permet d'avoir une utilité pour soi-même, son entreprise ou son administration. Le travail c'est ce qu'attendent des jeunes après avoir fait des études (...) Le travail, c'est ce qu'attend un chômeur, parfois depuis longtemps, à qui on n'a parfois proposé ni une formation ni un emploi, et qu'il n'a pas eu l'occasion de refuser".

François Hollande a qualifié de "tour de passe-passe" la proposition de Nicolas Sarkozy de recycler la prime pour l'emploi et d'y ajouter le produit de l'alignement de la fiscalité des dividendes pour augmenter les salaires des plus bas revenus, ce qui devrait selon le président rapporter près de 1.000 euros nets par an.

Le député de Corrèze a aussi dénoncé l'idée présidentielle de proposer sept heures obligatoires de travail d'intérêt général par semaine aux bénéficiaires du RSA.

"PERSONNE NE VEUT RESTER AU RSA"

"Sept heures, pas davantage ! On ne sait pas d'ailleurs qui les paiera", a-t-il ironisé.

"Personne ne veut rester au RSA", a-t-il poursuivi. "Cette idée est insupportable de laisser penser qu'il y aurait des personnes qui s'imposeraient de rester exprès dans la pauvreté pour bénéficier de prestations".

Contrant une autre idée présidentielle, il s'est prononcé contre un référendum sur les droits des chômeurs.

"Moi je n'ai pas besoin d'appeler à un référendum", a-t-il dit. "Un référendum sur quoi, sur le chômage ? Mais avec quelle question : êtes-vous pour ou contre le chômage ?", a-t-il lancé.

Dans son discours de plus d'une heure, le candidat a aussi ironisé sur le renoncement de Frédéric Nihous, de Chasse, pêche, nature et traditions, de se présenter à l'élection présidentielle.

"La campagne avance, certains se déclarent - il était bien temps - d'autres se retirent - je ne les connaissais même pas -, des signatures se cherchent - nous verrons bien", a-t-il dit.

A 58 jours du premier tour, François Hollande a de nouveau lancé un appel à se rassembler dès le 22 avril. "Quand on a ce qu'on a, mieux vaut prendre le risque d'avoir un nouveau président de la République", a-t-il dit.

Elizabeth Pineau, édité par Gérard Bon

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