La valeur du jour en Europe - UNICREDIT : pas d'état de grâce pour le nouveau patron Jean-Pierre Mustier

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(AOF) - Les investisseurs d'Unicredit ne sont visiblement pas prêts à signer un chèque en blanc à Jean-Pierre Mustier, futur patron de la première banque italienne par la taille de l'actif. Alors que l'établissement transalpin a officialisé hier l'arrivée de l'ancien dirigeant de la banque d'investissement de Société Générale, le cours d'Unicredit perd plus de 4% ce matin, à 1,88 euro, entrainant dans son sillage l'ensemble du secteur en Italie. Cette réaction, contraire à ce que plusieurs analystes avaient pensé à l'annonce de cette nomination, peut s'expliquer de plusieurs manières.

Soit les opérateurs craignent les mesures que Mustier, bon connaisseur d'Unicredit où il est déjà passé en 2011, après son départ de Société Générale, va prendre pour renforcer le bilan de la banque. A fin 2015, cette dernière revendiquait un ratio de fonds propres durs de 10,94%. Dans une note récente, Berenberg estimait qu'une augmentation de capital de 4 milliards d'euros serait sans doute nécessaire - la capitalisation actuelle de la banque italienne est de 11,6 milliards d'euros - en plus de nombreuses cessions d'actifs.

Une autre possibilité est simplement que les investisseurs se montrent prudents, dans l'attente du plan stratégique d'ores et déjà annoncé par le nouveau patron d'Unicredit. C'est par exemple la position d'UBS qui indique ce matin qu'il va maintenir son opinion Neutre sur le titre en attendant de connaitre le détail de la stratégie de Jean-Pierre Mustier. Le broker s'attend à une présentation rapide des principaux éléments à ce sujet.

Enfin, le sentiment des investisseurs reste globalement dégradé envers les banques italiennes. En dépit de leur chute enregistrée depuis le début de l'année - elles ont notamment souffert de craintes concernant le niveau des créances douteuses présentes à leur bilan et de leur exposition au secteur pétrolier au moment de la chute des cours du pétrole - les opérateurs rechignent à revenir à l'achat sur ces titres. En plus de ces facteurs spécifiques, les établissements transalpins sont confrontés comme les autres banques européennes à la politique de taux bas de la BCE qui grève leur rentabilité.


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